Chroniques

Andy Wood bluegrass & rock

Explora-Rock 56 : Andy Wood
Mandoliniste à Guitariste
Publié le 28 novembre 2025

Par : Sylvain Larouche

Salut à vous tous chers membres, cette semaine je vous parle d’un phénomène rare d’éclectisme en incluant virtuosité explosive et non excessive, un musicien mélodiste et perfectionniste.

Électrisant

Andy Wood est né le 6 février 1983 à Knoxville, Tennessee, aux États-Unis. En 2025, il a donc 42 ans. Il a grandi dans une région de l’est du
Tennessee, après avoir été originaire de Caroline du Nord dans les premières années. Sa famille était très orientée vers la musique, avec son grand-père et son cousin jouant avec lui dès son enfance.

Son initiation à la musique débute très tôt, il a appris à jouer de la mandoline vers l’âge de 5 ans grâce à son grand-père et avec son cousin, participant ainsi à des circuits de festivals et de concours de bluegrass. Il explique que cette période lui a donné une base technique importante, notamment pour la main droite et l’attaque, parce que la mandoline impose un rythme, une précision, une exigence tout jeune.

À 16 ans, il a fini second au concours mondial de mandoline à Winfield, Kansas ; une performance remarquable pour son âge. Il travaillait à Pigeon Forge (Tennessee) en tant que musicien acoustique (guitare/mandoline). Ensuite, à 17 ans, Andy s’est tourné vers la guitare électrique à la fin de son adolescence. Son talent l’a mené à vouloir approfondir ses connaissances musicales, non seulement de manière instinctive, mais aussi théorique. C’est à ce moment qu’il s’est inscrit à l’Université du Tennessee (UT), à Knoxville sa ville d’origine.

Il a étudié le jazz et la musique contemporaine. Il ne s’agissait pas de cours purement classique ou « performance guitare classique », mais plutôt d’un programme de jazz et d’harmonie moderne, axé sur :
  L’improvisation et les structures harmoniques avancées,
 – La lecture et l’écriture de partitions complexes,
 – La théorie du jazz (sonorisation, substitutions harmoniques, modes),
 – La composition et l’arrangement.
Ces études ont profondément marqué sa manière de concevoir la guitare : il a souvent expliqué qu’elles l’avaient aidé à comprendre la musique “dans sa tête”, pas seulement dans ses doigts.

Son enfance sur le circuit bluegrass, jouant avec son grand-père et son cousin, gagnant des concours dès le jeune âge. En 2003, il a remporté le concours national Guitarmageddon organisé par Guitar Center, face à plus de 3,400 concurrents. Autrement dit : il était étudiant à UT au moment où il a commencé à se faire remarquer sur la scène régionale des guitaristes émergeants.

Wood explique que son passage à l’Université du Tennessee lui a permis de :
  Élargir son vocabulaire musical au-delà du bluegrass et de la country ;
 – Découvrir les harmonies modernes, les cadences jazz et la sophistication du phrasé ;
 – Comprendre la structure des solos (et non plus seulement leur vitesse ou virtuosité) ;
  Développer son oreille et sa capacité à improviser dans n’importe quel contexte harmonique.
C’est cette formation qui a rendu possible son style si particulier : un mélange de virtuosité bluegrass et de raffinement jazz-rock.

À ce moment dans le département de jazz de l’Université du Tennessee comptait des figures reconnues dans le monde du jazz universitaire américain, notamment :
 – Jerry Coker (théoricien et pédagogue du jazz, auteur de manuels très connus),
 – Donald Brown (pianiste et compositeur, ex-membre des Jazz Messengers de Art Blakey).

2013

Notre ami Andy a été exposé à leurs méthodes d’analyse et d’improvisation ; des approches qu’on reconnaît dans sa manière de penser la musique aujourd’hui.

Ses influences sont multiples et couvrent différents styles musicaux. Dès son plus jeune âge, il a été immergé dans le bluegrass : fiddle, mandoline, concerts de festival, etc… Cette période en mandoline lui a donné beaucoup de technique que l’on retrouve aujourd’hui à la guitare notamment la rapidité de la main droite et une belle approche des lignes mélodiques.

 – Guitaristes et musiciens de studio country à Nashville. Il cite par exemple Brent Mason comme une figure importante de son désir de passer à la guitare électrique, après avoir entendu son solo sur Pick It Apart (album de Mark O’Connor) il a décidé de s’y consacrer.

 – Il mentionne aussi des noms comme Albert Lee, etc., des guitaristes de studio country et « Nashville swing ».

  Rock, fusion, virtuosité. Plus tard, il découvre des guitaristes rock et fusion tels que Steve Vai, Joe Satriani, Eric Johnson, et des groupes fusions comme The Dixie Dregs. Il explique qu’il a combiné ses origines bluegrass + mandoline + influences de guitare électrique/virtuose pour forger un style personnel où se mêlent country, bluegrass, rock, fusion.

Andy se distingue par une polyvalence remarquable, il peut jouer de la mandoline, de la guitare acoustique, de la guitare électrique, dans des
contextes allant du bluegrass à la fusion, en passant par le rock, le métal, la country. Cette capacité à flotter les lignes de genres est souvent soulignée.

Sa technique de main droite, forgée à la mandoline, lui donne un avantage dans les articulations rapides, les lignes mélodiques précises. Le fait d’avoir commencé avec la mandoline l’a aidé à développer une agilité et une musicalité particulière. De plus, son oreille pour la mélodie, apparaît dans ses compositions plus récentes, où il affirme que la mélodie prime.

2009 : Il sort son premier album solo intitulé A Disconcerting Amalgam. Cet album instrumental explore divers styles : fusion, rock, métal, bluegrass acoustique.

2014 : Il publie un double album intitulé Caught Between the Truth and a Lie. Le disque se divise en deux thèmes un disque acoustique
(bluegrass/country) et un disque électrique (rock/fusion). Cela montre ses deux personnalités musicales. Passer de la mandoline et de l’acoustique à la guitare électrique et de marier les deux univers (acoustique/électrique) dans l’album. 

2019 : Il met sur le marché l’album instrumental Junktown (et la version spectacle du nom Live at the Bijou). Cela marque selon lui le moment où il « a trouvé sa voie ».

2024 : Son plus récent album s’intitule Charisma, sorti le 9 août 2024, qui consolide son style et met l’accent sur la mélodie, des sections cinématiques, de la sophistication orchestrale.

En plus de ses albums solos, il a joué comme musicien d’accompagnement et tournée pour des artistes comme Rascal Flatts, Scott Stapp, Sebastian Bach, entre autres.

Le lancement de l’événement Woodshed Guitar Experience crée par lui pour réunir guitaristes, partager savoir-faire et les Masterclasses. Pour lui, le solo n’est qu’une seconde couche après le riff et la mélodie. Il témoigne également de l’importance de l’authenticité et il note que dans un monde saturé de musiciens, l’identité propre est ce qui fait la différence.

Wood a beaucoup appris par l’expérimentation. Il a investi du temps dans l’enseignement, en vidéo et en ateliers. Il a également tourné avec des artistes de renom, ce qui l’a mis en situation professionnelle exigeante, renforçant sa polyvalence entre accompagnement et solo. Cela lui a permis de développer à la fois des compétences techniques, de performance et de bien maitriser la scène.

Ce qui frappe dans la carrière d’Andy Wood, c’est la logique du chemin de transformation, mandoline enfant, compétiteur bluegrass, puis guitare électrique tardive, puis succès national, puis les albums solos qui reflètent tout ce bagage. On pourrait dire ; il n’est pas né « guitariste électrique », mais il s’est façonné comme tel en respectant ses racines, en les mélangeant à des influences modernes et en forgeant un style hybride.

Le fait qu’il ne se limite pas à un seul style bluegrass ou rock mais qu’il fasse le lien entre eux est un trait qui le distingue. L’ouverture à la fusion, à la narration instrumentale, la recherche de la mélodie comme pilier.  Tout cela montre un musicien qui ne vit pas que pour faire des solos, mais pour raconter des histoires musicales.

Par ailleurs, sa démarche pédagogique ateliers, Masterclasses montre qu’il considère la musique aussi comme un partage, une transmission, ce qui est souvent le cas chez ceux qui ont commencé jeunes dans un contexte familial de musique.

En résumé, ce cher Wood est un musicien qui a su combiner une solide formation « sur le terrain » (mandoline, bluegrass, concours). Une ouverture stylistique (country, rock, fusion) et une maturité artistique qui place la mélodie, l’identité et l’émotion au cœur de sa musique. À 42 ans, il a déjà une belle discographie solo, de nombreuses collaborations et une activité tournée enseignement qui lui permet d’avoir une empreinte significative dans le monde de la guitare actuelle.

Voilà ce qui complète Explora-Rock cette semaine sur ce musicien polyvalent et inspirant qu’est Andy Wood. Portez-vous bien et à très bientôt.

Discographie :
Albums studio et Live
 – A Disconcerting Amalgam — 2009 (Andy Wood). Premier album solo
 – Caught Between the Truth and a Lie — 2014 (double-album: un disque acoustique + un disque électrique
 – Live at the Bijou 2017- 2019

 – Junktown — 2019 (Holmz Music). Album instrumental

 – Charisma — 2024 (Andy Wood Music)

Projets de groupe:
Kennedy Wood Band – EP — 2019

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