Chroniques

Snowy White Thin Lizzy

Explora-Rock 61
Snowy White – Pink Floyd, Thin Lizzy, White Flames
Publié le 25 février 2026

Par Sylvain Larouche

Salut à vous tous, cette semaine je vous parle de Snowy White que j’adore depuis des lunes avec son jeu à la guitare subtil, émotionnel et distinctif.

Mai 2008    (Photo: Brian Rasic)

Né le 13 mars 1948 à Barnstaple, dans le comté du Devon en Angleterre, Snowy White s’est imposé au fil des décennies comme l’un des guitaristes britanniques les plus respectés pour son jeu à la fois sobre, précis et profondément expressif. À contre-courant des démonstrations techniques spectaculaires qui ont marqué certaines périodes du rock, il a toujours privilégié la musicalité, le placement et l’émotion. Cette approche lui a permis de traverser plusieurs univers blues, rock progressif, hard rock et jazz-rock tout en conservant une identité sonore immédiatement reconnaissable.

Issu d’un milieu modeste, le futur musicien découvre très tôt la guitare et se forme principalement en autodidacte. Contrairement à de nombreux instrumentistes de sa génération, il ne suit pas de cursus académique formel. Son apprentissage repose sur l’écoute attentive des disques, la reproduction des phrases entendues et une pratique régulière orientée vers la compréhension du phrasé plutôt que la virtuosité brute. Cette méthode façonne un style empreint de retenue, où chaque note semble pesée et pensée.

Ses premières influences proviennent du blues britannique et américain. Le jeu de Peter Green, notamment durant la période Fleetwood Mac originelle, marque profondément sa sensibilité. On retrouve également dans son approche des échos de Eric Clapton, période John Mayall et Cream, ainsi que l’élégance de guitaristes blues américains tels que B.B. King et Albert King. Plus tard, des musiciens comme David Gilmour influenceront sa conception du son, de l’espace et de la lenteur expressive.

À la fin des années 1960, Snowy White s’installe à Londres, alors véritable épicentre de la musique rock européenne. Il intègre différents groupes locaux, dont Thompson’s Organ Trio, formation avec laquelle il acquiert une solide expérience de scène. Ce passage est déterminant, jouer régulièrement devant un public l’oblige à développer une écoute collective et une capacité à soutenir la musique sans l’envahir.

C’est durant cette période qu’il attire l’attention de musiciens établis. Son jeu clair, jamais envahissant, mais toujours pertinent, en fait un guitariste de choix pour des projets nécessitant finesse et fiabilité.

La fin des années 1970 marque une étape déterminante avec son intégration comme guitariste additionnel au sein de Pink Floyd, principalement pour les tournées entourant Animals et The Wall. Dans un contexte scénique de plus en plus complexe, sa présence permet d’épaissir les textures et de soutenir les arrangements sophistiqués du groupe, sans jamais détourner l’attention du propos global.

1977

Sa contribution la plus connue demeure le solo de guitare enregistré en studio sur Pigs on the Wing (Part 2), figurant sur l’album Animals paru en 1977. Ce solo, tout en lyrisme et en sobriété, illustre parfaitement son art du phrasé et de la respiration musicale. Il s’agit toutefois d’une intervention spécifiquement conçue pour l’album et non d’un passage systématiquement reproduit sur scène.

En concert, son rôle consistait avant tout à renforcer l’équilibre sonore du groupe, tandis que les parties principales restaient assurées par David Gilmour. Cette collaboration, bien que discrète, contribue fortement à asseoir sa réputation internationale.

1980

Au début des années 1980, Snowy White rejoint Thin Lizzy, succédant à Gary Moore. Le défi est immense, intégrer un groupe à l’identité sonore forte et à l’héritage guitaristique imposant. Pourtant, loin d’imiter son prédécesseur, il apporte une approche plus mélodique et introspective.

Il participe à l’album Chinatown (1980) puis à Renegade (1981). Ces disques montrent un guitariste capable de s’adapter à un registre plus énergique tout en conservant son sens du phrasé et de la nuance. Même dans un contexte hard rock, son jeu reste lisible, chantant, presque contemplatif par moments. Cette période confirme sa polyvalence et son professionnalisme.

1981

Après son départ de Thin Lizzy, Snowy White se consacre davantage à ses projets personnels. Il fonde le groupe Snowy White’s Blues Agency, avec lequel il explore un blues épuré, souvent instrumental, laissant toute la place à la respiration musicale. Ses compositions privilégient les tempos modérés, les harmonies simples et les atmosphères feutrées.

1991

Parallèlement, il développe un travail en solo d’une grande cohérence artistique. Des albums comme White Flames (1983), No Faith Required (1996) ou Driving on the 44 (2022) témoignent d’un musicien en pleine maîtrise de son langage. Le son de guitare, souvent clair ou légèrement saturé, devient une signature. Peu d’effets, peu de notes superflues : l’essentiel prime toujours.

Les influences de Snowy White ne se limitent pas au blues. Le rock progressif, le jazz-rock et certaines formes de musique atmosphérique nourrissent également son
univers. On perçoit dans ses compositions une attention particulière portée aux textures, aux silences et à la dynamique. Chaque morceau semble conçu comme un paysage sonore, où la guitare raconte une histoire plutôt que d’imposer une performance.

Son toucher est souvent décrit comme “chantant”, qualité rare qui rappelle que la guitare, entre ses mains, devient une voix à part entière. Cette esthétique lui vaut
l’admiration de nombreux musiciens, même si son nom reste relativement discret auprès du grand public.

2009

Aujourd’hui, Snowy est considéré comme un guitariste de musiciens, un artiste respecté pour sa constance, son intégrité et sa fidélité à une vision musicale personnelle. Il n’a jamais cédé aux modes ni recherché la célébrité à tout prix. Sa carrière s’est construite patiemment, à travers des collaborations prestigieuses et
une discographie solo cohérente. Son influence se mesure moins en chiffres de ventes qu’en respect artistique.

Pour les amateurs de guitare expressive, de blues moderne et de rock atmosphérique, son œuvre constitue une référence incontournable. Dans un monde souvent dominé par la vitesse et la démonstration, Snowy White rappelle que la sincérité d’une note bien placée peut valoir mille traits de virtuosité.

Extrait de son dernier album, Unfinish Business (2024) 

 

Discographie :
Thin Lizzy:
1980 : Chinatown
1981 : Renegade
1983 : Life

En solo:
1983 : White Flames
1984 : Snowy White (publié en France sous le titre Land of Freedom)
1987 : That Certain Thing
1994 : Highway to the Sun

Blues Agency:
1988 : Change My Life
1989 : Open For Business (publié également sous le titre Blues On Me)
1993 : The Best of Snowy White’Blues Agency – compilation

Snowy White and the White Flames:
1996 : No Faith Required
1998 : Little Wing (publié aux États-Unis sous le titre Melting)
1999 : Keep Out – We Are Toxic
2002 : Restless
2004 : The Way It Is
2011 : Realistic
2016 : Released
2017 : Reunited …

2019 : The situation
2020 : Something on Me

Compilations:
1996 : Goldtop
1999 : Pure Gold / The Solo Years 1983-1998
2003 : Bird Of Paradise (An Anthology)

Collaborations:
Pink Floyd:
1977 : Animals (Pigs on the Wing Part 1 & 2, uniquement disponible sur la version 8 pistes.)
2000 : Is There Anybody Out There ? The Wall Live 1980-81

Rick Wright:
1978 : Wet Dream

Roger Waters:
1990 : The Wall Live In Berlin
2000 : In The Flesh, Live
2002 : Flickering Flame: The Solo Years Volume 1 – Joue sur Perfect Sense, Part I & II & Each Small Candle
2015 : Roger Waters: The Wall

Autres:
1974 : Jonathon Kelly’s Outside – Waiting On You
1974 : Linda Lewis – Not A Little Girl Anymore
1975 : Michael Moorcock and The Deep Fix – The New Worlds Fair
1979 : Peter Green – In the Skies
1980 : Phil Lynott : Solo In Soho
1982 : Tom Newman and Friends – Snowblind
1984 : Jim Capaldi – One Man Mission
1989 : Nick Potter – The Blue Zone
1993 : Rattlesnake Guitar (The Music of Peter Green)
1993 : Eddy Mitchell – Rio Grande – solos sur J'me sens mieux quand j'me sens mal et Te perdre
2017 : Meek Mill – Blue Notes

 

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