Explora-Rock 60 Steve Winwood
Republié le 5 février 2026
Par : Sylvain Larouche
Salut à vous tous chers membres, aujourd’hui dans ma chronique je vous parlerai d’un grand artiste multi- instrumentiste avec un grand A. Steve Winwood ça vous dit un petit quelque chose?

Innovation et Longévité
Winwood est né le 12 mai 1948 à Birmingham, dans les Midlands anglais, une région industrielle qui, contre toute attente, a vu émerger une scène musicale d’une richesse exceptionnelle dans l’Angleterre d’après-guerre. Issu d’un foyer modeste mais profondément musical, il grandit dans un environnement où le jazz, la musique populaire et le rhythm and blues occupent une place centrale.
Son père, musicien amateur, joue du saxophone et de la clarinette, transmettant très tôt à son fils le goût de l’écoute attentive et le respect
du langage musical. Dès l’enfance, il manifeste des dispositions hors du commun. Il apprend le piano très jeune, puis se familiarise rapidement avec la guitare, la basse, la batterie et surtout l’orgue Hammond, instrument qui deviendra l’un des piliers de son identité sonore.
Steve Winwood, son frère Mervyn et son père Lawrence. Photo gracieuseté, la BBC.
Sa formation est essentiellement autodidacte, nourrie par une écoute passionnée des disques américains importés au Royaume-Uni à la fin des années 1950. Influences et fondations musicales, le support musical de Winwood, repose sur une profonde admiration pour la tradition afro-américaine. Il cite régulièrement Ray Charles comme influence déterminante, tant pour la voix que pour l’approche émotionnelle. Mais aussi Muddy Waters, Howlin’ Wolf, B.B. King, ainsi que Jimmy Smith, figure majeure de l’orgue jazz.
Le gospel, par son intensité et sa ferveur, marque également son phrasé vocal et son sens de la dynamique. Cette diversité d’influences forge un
musicien capable de naviguer entre blues, soul, jazz et rock sans jamais joindre les styles artificiellement. Chez Winwood, la fusion est instinctive, guidée par le groove, la respiration musicale et l’émotion plutôt que par la virtuosité démonstrative.

À seulement 15 ans, il rejoint le Spencer Davis Group, formation emblématique du British R&B naissant. Très rapidement, sa voix puissante et étonnamment mature devient l’élément distinctif du groupe. Il s’impose aussi comme claviériste et guitariste, jouant un rôle central dans l’identité sonore de la formation.
Les succès Gimme Some Lovin’ et I’m a Man connaissent un retentissement international et installent Winwood comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de sa génération. Cette période lui permet d’acquérir une solide expérience de la scène et du studio, tout en développant un sens aigu de la structure musicale et de l’impact émotionnel.
En 1967, désireux de s’affranchir d’un cadre devenu trop restrictif, Winwood quitte le Spencer Davis Group et fonde Traffic avec Jim Capaldi, Chris Wood et Dave Mason.
Le groupe adopte une approche résolument plus libre, mêlant rock psychédélique, folk britannique, jazz et influences extra-occidentales. Des albums tels que John Barleycorn Must Die et The Low Spark of High-Heeled Boys marquent durablement la scène britannique. Il y affirme son rôle de compositeur et d’arrangeur, développant des textures sonores complexes et une écriture plus introspective. Traffic devient ainsi un laboratoire musical, où l’improvisation et la sophistication harmonique cohabitent avec une forte sensibilité populaire.
En 1969, l’ami Steve rejoint Blind Faith, aux côtés d’Eric Clapton, Ginger Baker et Ric Grech. Le projet suscite une attente considérable. Bien que l’aventure soit brève, elle lui permet de se confronter à un contexte de très forte exposition médiatique et d’affiner son rapport à la création collective sous pression.
En 1976, il participe à un projet remarquable et ambitieux, l’album Go Live from Paris, dirigé par le percussionniste et compositeur japonais
Stomu Yamashta. Enregistré en concert à Paris, ce disque rassemble une formation exceptionnelle de musiciens issus du rock, du jazz et de la musique contemporaine, dans une démarche profondément expérimentale. Winwood y joue un rôle central par son apport aux claviers et par son sens aigu de l’interaction musicale.
L’œuvre se distingue par une fusion audacieuse de percussions massives, de textures électroniques, d’improvisation et de structures ouvertes, empruntant autant au jazz qu’au rock progressif. Il s’agit moins d’un simple témoignage live que d’une œuvre collective dense, presque orchestrale. Cette collaboration met en lumière une dimension essentielle de Steve Winwood; son attrait constant pour les projets hors des cadres commerciaux, son goût pour l’exploration sonore et sa capacité à s’intégrer à des univers exigeants sans jamais perdre son identité musicale.
Sur un plan plus personnel, ce disque a constitué une marquanle dans mon propre cheminement musical à cette époque. Go Live from Paris m’a profondément marqué par sa liberté formelle, sa puissance rythmique et son ouverture esthétique. La présence de Winwood sur cet enregistrement a renforcé mon admiration pour sa capacité à transcender les genres et à s’engager dans des œuvres collectives audacieuses, souvent en avance sur leur temps.
Michael Shrieve, Stomu Yamashta et Steve Winwood
Contrairement à certaines affirmations relayées de manière imprécise, Steve Winwood n’a jamais entretenu de collaboration suivie avec Jimi Hendrix. Sa participation se limite à une jam-session ponctuelle en 1968, durant laquelle il joue de l’orgue Hammond sur Voodoo Chile (Electric Ladyland). Il a toujours insisté sur le caractère spontané et non planifié de cette rencontre, souvent amplifiée par la mythologie rock.
Après la dissolution de Traffic, il développe une carrière solo plus affirmée. Arc of a Diver (1980), enregistré presque entièrement par lui- même, révèle une maîtrise remarquable des technologies émergentes, sans jamais sacrifier la chaleur ni l’émotion. Le succès se confirme dans les années 1980 avec Back in the High Life (1986), porté par Higher Love, où la participation de Chaka Khan souligne son attachement durable à la soul et au gospel.
Rétrospective de sa carrière, jusqu’à la fin des années 80.
Au fil des décennies, Winwood collabore avec des artistes majeurs tels qu’Eric Clapton, George Harrison, Tina Turner, Van Morrison ou Billy Joel. Ces collaborations témoignent de l’estime profonde dont il jouit auprès de ses pairs et de sa capacité à s’adapter à des contextes musicaux variés sans jamais diluer son identité.
2004 – Traffic intronisé au Rock and Roll Hall of Fame
2004 – Tribute to George Harrison
2013
Conclusion
Toujours en vie et artistiquement actif, il incarne une longévité musicale rare. De l’enfant prodige de Birmingham au musicien accompli capable de traverser les décennies, son parcours illustre une fidélité constante à ses racines, alliée à une ouverture permanente à l’innovation. Son œuvre demeure un exemple d’intégrité artistique, où l’émotion, l’écoute et la curiosité priment sur toute autre considération.
2044 – Trafifc intronisé au Rock and Roll Hall of Fame
En spectacle – le 15 septembre 2025
Voilà c’est déjà tout pour une autre édition de ma chronique cette semaine en espérant vous avoir rappelé certains souvenirs de cette grande légende encore vivante qu’est Steve Winwood. Merci à vous et bonne semaine à bientôt.
Discographie
Avec Spencer Davis Group:
Albums Studio
1965 : Their First LP
1966 : The Second Album
1966 : Autumn ‘66
1969 : Blind faith – Réédité en 2001 avec 9 morceaux supplémentaires
Avec Traffic:
Albums studio
1967 : Mr. Fantasy
1968 : Traffic
1969 : Last Exit (Face A)
1970 : John Barleycorn Must Die
1971 : The Low Spark of High Heeled Boys
1973 : Shoot Out at the Fantasy Factory
1974 : When the Eagle Flies
1994 : Far From Home (Winwood/Capaldi)
Albums en concert
1969: Last Exit (Face B live au Fillmore West)
1971 : Welcome to the Canteen
1973 : On the Road
2005 : Last Great Traffic Jam
Avec Ginger Baker’s Airforce:
1970 : Ginger Baker’s Airforce
1998 : Ginger Baker, Do What You Like – Album Compilation
1976 : Go
1976 : Go Live From Paris
Eric Clapton & Steve Winwood:
2009 : Live From Madison Square Garden – Album Double + DVD.
Solo :
1977 : Steve Winwood
1980 : Arc of a Diver
1982 : Talking Back to the Night
1986 : Back in the High Life
1988 : Roll with It
1990 : Refugees of the Heart
1997 : Junction Seven
2003 : About Time
2008 : Nine Lives
Participations
1967 : Raw Blues par différents artistes – Orgue sur Long Night chanté par John Mayall.
1968 : Electric Ladyland de Jimi Hendrix – Orgue sur Voodoo Chile
1970 : Contribution de Shawn Phillips – Joue sur For RFK, JFK and MLK avec Jim Capaldi et Chris Wood.
1971 : B B King in London de B. B. King
1971 : McDonald & Giles de McDonald & Giles – Orgue et piano sur Suite in C
1971 : The Cry of love de Jimi Hendrix – Chœurs sur Ezy Rider avec Chris Wood.
1971 : The London Howlin’ Wolf Sessions de Howlin’ Wolf – Avec Eric Clapton, Bill Wyman, Charlie Watts, Ringo Starr, Klaus Voormann..
1972 : Tommy – As Performed by the London Symphony Orchestra & Chamber Choir – Artistes Variés.
1972 : Oh How We Danced de Jim Capaldi
1972 : Faces de Shawn Phillips : Orgue sur Parisian Plight II.
1973 : E. H. in the U.K. de Eddie Harris
1973 : Eric Clapton’s Rainbow Concert
1973 : Berlin de Lou Reed
1973 : Inside Out de John Martyn
1974 : Whale Meat Again de Jim Capaldi
1974 : Sneakin’ Sally Through the Alley de Robert Palmer
1975 : Short Cut Draw Blood de Jim Capaldi
1975 : Waves de Jade Warrior
1976 : Reggae Got soul de Toots and the Maytals – Piano sur Premature, Orgue sur Living In The Ghetto
1977 : Rendez-vous de Sandy Denny
1977 : One World de John Martyn – Avec Morris Pert, Hansford Rowe, Danny Thompson, Dave Pegg, etc.
1978 : Downwind du Pierre Moerlen’s Gong – Avec Mike Oldfield, Mick Taylor, Didier Lockwood, Didier Malherbe, etc.
1978 : Sir Henry at Rawlinson End de Vivian Stanshall
1978 : Daughter of the night de Jim Capaldi
1978 : Haile I Hymn (Chapter 1) de Ijahman – Orgue sur la majorité de l’album
1979 : George Harrison de George Harrison
1979 : Broken English de Marianne Faithfull
1980 : The Sweet Smell Of… Success de Jim Capaldi
1981 : Let The Thunder Cry de Jim Capaldi
1981 : Dangerous Acquaintances de Marianne Faithfull – A écrit For Beauty’s Sake avec Marianne en plus de jouer les claviers.
1983 : Fierce Heart de Jim Capaldi
1984 : About Face de David Gilmour – Orgue Hammond sur Blue Light, piano sur Love on the air.
1984 : Christine McVie de Christine McVie
1985 : The Colour Of Spring de Talk Talk – Orgue sur 3 pièces.
1986 : The Bridge de Billy Joel
1987 : Two Hearts de Dave Mason
1988 : Crossroads de Eric Clapton – Boîtier de 4 CD. 3 Pièces de Blind Faith.
1988 : Some Come Running de Jim Capaldi
1988 : My Barracuda de Jimmy Buffett
1989 : … But Seriously de Phil Collins – Joue l’orgue Hammond sur All of my life.
1990 : Heat de Soulsister
1994 : A place among the stones de Davy Spillane – Chant sur Forever frosen.
1995 : The Cream of Clapton de Eric Clapton – Compilation américaine, renferme la pièce Presence of the Lord de Blind Faith.
1995 : Stanley Road de Paul Weller
1998 : Corner of Eden de Kathy Troccoli
2005 : Back Home de Eric Clapton – Steve Winwood et Billy Preston aux claviers.
2008 : Vulcan de Chris Wood
2010 : Clapton de Eric Clapton
2010 : Hey Joe Rock N’ Roll Hall of Fame de Slash
2011 : Four the Record de Miranda Lambert
2013 : Old Sock de Eric Capton
2013 : Shout! de Gov’t Mule
Pour un monde meilleur
Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone
BANNIÈRE: DANIEL MARSOLAIS
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE
Merci de nous aider en contribuant à notre campagne de financement. Si vous songiez à appuyer notre site, c’est maintenant, c’est ici. Chaque contribution, qu’elle soit grande ou petite, aide à notre survie et appuie notre avenir. Appuyez Famille Rock pour aussi peu que 5 ou 10 $ – cela ne prend qu’une minute.
You must be logged in to post a comment Login
