Livres

Rudy Caya en 23 tounes

Rudy en 23 tounes au cœur de Vilain Pingouin
Par Édith Bernier et Rudy Caya
Éditeur Saint- Jean, 2025, 230 pages
Publié le 18 mars 2026

Analyse par Ricardo Langlois

Ce livre sur les chansons de Rudy et de Vilain Pingouin est un testament. Nous avons chacun nos mots pour exprimer les blessures, les traumas. Je suis l’enfant qui tombe de nuit au beau milieu du jour. En lisant cette bio, Rudy me rend encore une meilleure personne. Les épreuves, les traumas pour nous faire grandir.

35 ans d’amour…

En lisant Rudy en 23 tounes, il y a de grands moments sur sa vie. J’écoute Vilain Pingouin depuis 35 ans. J’aime Rudy Caya, un personnage aussi noble que Gerry Boulet. Je me retrouve dans les textes de ses chansons.

Le décès de ma mère a été un événement marquant. Voir sa mère vieillir refaire 100 fois… les mêmes gestes. Une vie répétitive, monotone. C’est la dure réalité de sa mère (p. 86). Caya et moi, avons le même sentiment pour notre père. Nous n’avons pas eu de chagrin. Pour lui, comme pour moi, j’ai souffert d’un père absent à mes petits bonheurs d’adolescent.

Caya a subi quatre AVC. La soif de vivre. Le manque de sommeil de 16 à 60 ans. Sa spiritualité, c’est la vie, il me semble, comme un sentiment d’urgence (p.81). Rudy croit que le clergé a utilisé la mort pour manipuler les croyants. Il avoue aussi qu’il ne peut plus jouer de la guitare comme avant. Il peut se consoler en se disant qu’il a pu jouer de la guitare pendant 40 ans.

Salut salaud

Pour Rudy, quand on dit, Salut Salaud, c’est dire qu’on aime quand même la personne disparue. Même si elle nous fait mal (p.20). Oui, la chanson parle de suicide. Il pense aussi aux gens qui sont atteints de troubles psychiques ou psychiatriques et qui vivent de profondes souffrances. Le suicide reste un sujet tabou. Mal de vivre? Trop lâche pour chercher des ressources nécessaires.

T’es même pas venu me dire salut
Je viens d’apprendre que j’te reverrai Plus
Juste un petit mot futile
Pour nous dire que c’était pas facile
Juste un petit mot futile
Pour nous dire que t’étais fragile

Sous la pluie

Cette chanson a été un succès. Saviez-vous que le sujet réel de la chanson est l’avortement. Selon Caya, seulement 5% des gens ont réalisé de quoi la chanson traitait vraiment. Plus loin dans l’entrevue, il réalise qu’il ne pourra jamais comprendre tout ce qu’il y a à ressentir, à vivre, au tour d’une grossesse non planifiée et du processus pour y mettre fin.

D’autres messages : Le temps qui passe et qui casse est impitoyable. Résister à l’immobilisme malgré la peur d’avancer.

Quand elle crie au milieu de la nuit
Elle n’est pas toute seule
Elle crie aussi pour lui
Et cette cicatrice qui sillonne son cœur
Elle l’a fait frémir,
Quand doucement je l’effleure.

Le train

30 ans après sa parution, l’animateur et humoriste Louis-José Houde au gala de l’ADISQ de 2022, a livré un message témoignant sur Le train :
Y a des chansons qui ne sortent jamais de nous. Y en a qu’on garde dans notre cœur toute notre vie.

Moi, j’ai beau voir passer les années, les décennies, quand ils ressortent Le train de Vilain Pingouin, avec la cloche qui part au début, soudainement, tout est possible.

La rage de vivre des uns
Fait souvent faiblesse a d’autres
Pis on s’met a chialer
Quand cette faiblesse c’est la nôtre

Les belles années

Inspirée d’une rupture survenue dans sa belle-famille dans la seconde moitié des années 1980, la chanson Les belles années se veut en quelque sorte une série de portraits brossant l’histoire d’un divorce ayant affecté son neveu et sa nièce.

On a vieilli et on s’est fait vieillir
De nos erreurs et de nos repentirs
Et tous ces cris déchirant tes nuits
C’était la mort de l’amour
Quand elle fait du bruit
Parce que les raisons et les bonnes intentions
Ca n’empêche pas la fin des saisons

Liberté d’être Soi

Je partage la même vision que Rudy Caya sur la vie de bohème que j’ai vécu. J’ai vécu la liberté de vivre mes rêves. Je cite Rudy : « Je ne changerais ça contre rien au monde! J’ai des chums qui ont fait de l’argent, ils ont eu des grosses jobs, une belle maison, un char… Séparation, perdu une maison, ils en ont racheté une autre.
Mais c’est toutes des vies que… Ok non, j’aurais vraiment pas voulu vivre c’te vie-àla ( p. 175 ).

J’aime aussi sa philosophie de vie. L’exemple de sa mère me touche beaucoup. Apprendre à être heureux avec peu. C’est elle qui lui a montré qu’il faut parfois faire des sacrifices.

Peut-on vivre de sa musique au Québec? Il refuse de négocier sur sa vocation. Son vrai métier, c’est chanteur. Mais surtout il est un auteur- compositeur-interprète. C’est avec ses chansons qu’il contribue à un monde meilleur. Il aime regarder les autres vivre. Il réfléchit. La chanson P’tite vie, P’tite misère s’inspire de son travail au magasin Sears de Laval au cours des années 1980. Un emploi qu’il a occupé pendant une dizaine d’années. (p. 110).

Adolescent et jeune adulte, il gagnait de l’argent pendant ses étés en famille en Floride en entretenant les résidences des snowbirds installés à Pompano Beach et momentanément retournés au Québec pour la saison chaude.

P’tite vie, p’tite misère,
Qu’essé que j’vais faire?
J’suis pris dans l’bas de l’échelle
De votre tour de Babel.

 

Quelques dates importantes

13 mai 1961 : Naissance de Rudy
1982 : Rencontre de Michel Vaillancourt, futur batteur de Vilain Pingouin
1986 : Formation de Vilain Pingouin
1988 : Le groupe se rend en final au concours l’Empire des futures stars de CKOI.
1993 : Tournée Rock le lait avec France d’Amour et Jean Leloup
1994 : Enregistrement de son premier album solo
2011 : premier AVC, Rudy a 50 ans.
2013 : second AVC, il a 54 ans.
2016 : troisième AVC.
2017 : Vilain Pingouin est intronisé au panthéon du musée du rock n’roll québécois.

Quatrième AVC à l’âge de 56 ans.
2020 : décès de Frédéric Bonicard, bassiste sur les deux premiers albums de Vilain Pingouin.
2024 : Première partie de La dernière tournée de Vilain Pingouin.

Fier d’être Québécois

Le chanteur considère qu’il a une fierté patriotique québécoise. Mais sa fibre nationaliste réside dans l’inclusion d’un maximum de citoyennes et de citoyens plutôt que dans l’exclusion. J’adore le français, je trouve que c’est une belle langue! C’est tellement beau! Mais j’suis pas contre l’anglais, j’suis pas contre le polonais… Je suis plus pour la créativité. (p. 163).

À souligner la préface de Normand Brathwaite qui le définit comme un vrai rocker, un excellent musicien et un grand performeur. Il va même jusqu’à dire qu’il est notre Stevie Ray Vaughan national.

Une page du livre:

 

Pour un monde meilleur!

Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone
 

Photo de bannière: Étienne Mongrain – Le dernier spectacle de Vilain Pingouin
INFOGRAPHE: MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE: MARCO GIGUERE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

Merci de nous aider en contribuant à notre campagne de financement. Si vous songiez à appuyer notre site, c’est maintenant, c’est ici. Chaque contribution, qu’elle soit grande ou petite, aide à notre survie et appuie notre avenir. Appuyez Famille Rock pour aussi peu que 5 ou 10 $ – cela ne prend qu’une minute. Merci

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Laisser un commentaire

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Archives

Total Visiteurs

916120
To Top

Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone!

Honorons Nos Survivants Pleurons Nos disparus

Pour Un Monde Meilleur!

Fabriqué au Québec!