Angine de Poitrine, Joliette #2
avec BLAMM en première partie et Québec Redneck Bluegrass
Samedi le 20 juin 2026
Publié le 26 juin 2026
Par Glen Bourgeois
Une fois BLAMM et ses musiciens débarqués de la scène, ça commence vite à s’alimenter. Déjà, les gens crient et applaudissent leur enthousiasme lorsque les techniciens de scène amènent les deux supports élevés pour Klek et Khn à la face de la scène. La bâche est enlevée du kit, dévoilant une batterie noire à picots blancs au lieu de la couverte à picots visible aux photos et vidéos en ligne. Les sons de Lisa Leblanc, Keith Kouna, P’tit Belliveau, les Hay Babies nous remplissent les oreilles pendant qu’on attend. La liste d’écoute est à la fois variée et éclectique, avec bien d’artistes acadiens. (Savait-on qu’on s’en venait, moi et mes amis des provinces maritimes?)
Une quinzaine de minutes plus tard, on voit Klek et Khn qui se promènent en arrière-scène. Bien sûr, on crie et applaudit de nouveau.
Photo: Shant Pelley
Le duo arrive enfin en face de nous aux sons des Charbonniers de l’enfer qui chantent Les jours d’la semaine. (Note: cette pièce a également accompagné leur entrée sur scène à Rovereto en Italie, le 31 mai 2026… le choix de la pièce semble alors intentionnel.) Klek et Khn font des gestes animés au rythme de cette chanson à répondre tout en vérifiant leurs instruments. Faut dire que les extra-terrestres semblent bien aimer les rigodons!
Plusieurs s’aperçoivent du nouvel instrument guitare-et-basse de Khn. (On dit que c’est une Godin, bien que je ne peux pas voir le nom du luthier québécois aux têtes de l’instrument.) Avec la batterie picotée de Klek, il y a du nouveau au spectacle bien rodé et peaufiné. Un technicien vérifie les prises de Khn au téléphone. Je présume qu’il discute avec le technicien de son, dans sa tente au plein centre de la foule. Tout d’un coup, le technicien gratte parmi les pédales de Khn en discutant avec le guitariste. Il est toujours sur scène lorsque débute le spectacle, mais part très vite: tout semble réglé.
Le duo se salue l’un l’autre au geste des mains en forme de triangle. Ils se tournent ensuite pour saluer la foule de la même façon. “ANNNNNGIIIINE DE POIIIITRIIIIIIIIINE!” Klek frappe d’un coup sa grosse caisse et ses cymbales charleston, suscitant aussitôt des cris. Et ça part à toute vitesse avec un Yor Zarad accéléré et rallongi (du Volume II), à la fois punk et Rush… La musique slingue au boutte. Les dés gonflés roulent au-dessus des têtes. Bientôt, une heurte la mienne, heureusement qu’elles sont sous-gonflées). On voit des feux rouges et verts provenant de l’arrière-scène, cachés derrière le mur picoté noir et blanc. La finale de la pièce s’intensifie jusqu’à ce que la foule délire.
Chanson finie, Klek profite d’une gorgée d’eau de sa caserne picotée pendant que Khn nous parle à travers sa guitare. Klek s’aperçoit d’une affiche dans la foule qui annonce “C’EST MA FÊTE” et l’indique à Khn. Les deux se tournent aussitôt vers l’affiche, les mains en forme de triangle. Dans peu de temps débute Tamebsz (du Volume I) et la foule embarque aux cris rythmés.
Commence bientôt le moshe: des nouveaux arrivés qui s’infiltrent des deux côtés de l’espace centrale réservée comme passerelle entre scène et sonorisateur. Ça brasse… pas trop, mais c’est déjà rempli de gens qui veulent prêter attention au spectacle au lieu de la foule. Et sous peu, ça pousse aussi d’en arrière: d’autres gens veulent se rapprocher de la scène. On est coïncés, mais cela n’arrête pas ceux qui veulent brasser et ne se gênent de ceux qui les entourent. Il y a littéralement des gens de tout âge. Plusieurs que j’estime approchent leur quatre-vingtaine côtoient les ados et les jeunes adultes. Je suis basculé et poussé à plusieurs reprises. À un certain moment la barrière sur laquelle je m’accote démontre sa mobilité et manque de se basculer elle aussi. Mais, peut-être par miracle, la musique assure toujours ma bonne humeur.
Entre aérobies, étirements et gorgées d’eau, Kleh et Khn nous offre plus d’une heure de spectacle enîvrant. Mata Zyklek suit sans faute. Ensuite, Khn fait ses exercices pendant que Klek boit de nouveau avant d’arroser la foule avec sa paille géante. (Ce dernier détail a bien plu à mon ami lorsqu’on l’a vu sur les vidéos du spectacle ensuite… Faut dire qu’il était souvent distrait à nous protéger des adeptes au moshe et surf.) Un sosie de Khn finit par surfer la foule: on peut voir que celui-ci porte des souliers, ce qui le distingue de notre guitariste nu-pied vedette.
Photo: Shant Pelley
D’autres salutations en forme de triangle, avant que Khn danse sur l’intro de drum pour Ababa Hotel. Sans tarder, il ajoute ses passes de guitare qui rappellent au chicken picking de la musique country. La pièce devient improvisatoire lorsque Klek perd sa pédale de grosse caisse. Ce dernier regard tout autour en panique, anxieux qu’on lui règle son kit, mais il continue toutefois de jouer. Arrive le technicien qui vérifie la situation. Finalement, Klek s’arrête pendant que Khn se lance à l’improviste aux effets sonores. Klek s’y remet, toujours sans pédale. Arrive le batteur de BLAMM en courant, sa pédale à la main. Le technicien l’attache aussitôt et Klek s’y lance avec ferveur. Comme si en train de nous dire, « Oui, elle marche! ELLE MARCHE MAINTENANT! »

La foule crie de joie. Évidemment alimenté d’une nouvelle dose d’adrénaline, le duo revient au plan avec une nouvelle force et un groove qui sonne davantage funky. (Pourquoi je pense à Stevie Wonder des années I Wish et Superstition à ce temps?)
Une vérification rapide des instruments, chacun de son côté. Klek engage la foule dans une série de “YO?” jusqu’à ce que la foule lui réponde. On est maintenant tous prêts pour le cri de “Yo!” dans Sarniezz. Crinqués, plusieurs commencent à chanter en choeur avec le riff que joue Khn à la basse. Celui-ci agrémente la performance avec des poses et gestes de vrai rock star. Je commence à me faire basculer davantage. Après la pièce, Klek semble partager des salutations et/ou des remerciements.
Photo: Shant Pelley
Commence ensuite Fabienk, l’extrait radio du Volume II. La foule crie aussitôt, mais le batteur prend son temps à embarquer, s’étirant les jambes sur son kit, ce qui produit d’autres cris de la foule. Khn en profite pour nous montrer sa pose de karaté, un pied nu entrelacé aux doubles manches de son instrument. Commence ainsi le crescendo de la pièce. Je m’aperçois que le “FABIENNNNN” chanté est en effet généré lorsque Khn pèse sur un endroit précis de ses pédales avec son pied nu picoté.
Le gérant d’AdP, Sébastien Collin apparaît en arrière scène avec deux autres membres de l’équipage. À temps pour danser au chant de “SÉBASTIEEEEEEEEN” pendant que le duo se remue les bras en serpentine. Un geste maintenant bien connu et que plusieurs auditeurs émitent à degrés variés de succès. Le gros funk pesant qui propulse la deuxième moitié de la pièce fait sauter la foule: c’est du bonbon disco pour geek métalleux. Du punch qui me manque depuis qu’on a arrêté de jouer la reprise de Supernaut par 1000 Homo DJs aux clubs. Klek frappe comme s’il veut foncer à travers ses têtes de batterie. Sébastien s’avance en fin de pièce pour saluer la foule, mains en triangle au-dessus de la tête, aux cris de “Sébastien!” qui l’accueillent.
La pluie tombe bien une fois rendu à l’intro de la dernière pièce, Sherpa. Klek prend une autre gorgée d’eau de sa cantine, arrose la foule de nouveau (au grand plaisir de tous) et présente Khn à tous. Klek se hoche la tête vers la foule en se tenant les mains en triangle autour du triangle à son chapeau. Triangle qui s’illumine une fois de plus. Suivent plusieurs signes de triangle pendant les choeurs extra-terrestres. Khn s’effourche ensuite derrière sa guitare, ce qui suscite des cris de plusieurs demoiselles dans la foule. Les deux musiciens se lancent dans la pièce et semblent prêts à défoncer le mur de son. Pluie et bruine de générateur de brouillard se combinent pour un effet assez dramatique au sons du Moyen-Orient qui émanent de la guitare de Klek.
Les lumières se déploient de façon dramatique aux punchs qui signalent la fin de la pièce et du spectacle. La scène devient de plus en plus rouge, couleur qui disparaît au dernier punch. Des phares blancs frôlent les silhouettes des extra-terrestres les plus célèbres à présent. Un dernier geste des mains en triangle, un dernier “ANNNGIIIINE DEUUUU POIIIIITRIIIIIIIINE!,” et les deux ramassent vite leurs accoutrements.
Un chant de “OH-LÉÉÉÉ, OLÉ-OLÉ-OLÉÉÉÉÉ” provient de la foule pendant que Kleh et Khn quittent en courant. Difficile de manquer une grande joie qui émane des deux.
Grand merci à Patrick Robinson pour son partage de plusieurs détails additionnels que j’ai manqués au cours du spectacle d’AdP. (Car on ne peut pas avoir les yeux partout, surtout parmi les dés et le brassage.)
Pour un monde meilleur
Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone
Photo de bannière: Muriel Massé
INFOGRAPHE : MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE : MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE
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