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Black Sabbath Top 5

Top 5 Black Sabbath
Publié le 28 février 2024

Par Ricardo Langlois

Black Sabbath est certainement l’un des groupes les plus marquants pour tout ce qui concerne le métal. Déjà inscrit au panthéon du rock, ce groupe a révolutionné la musique et a lancé au début des années 70 plusieurs bombes dont on ressent encore les secousses 50 ans après.

Fin des années 60, la vague hippie vient de passer son apogée. De nouvelles formations inspirées des tonalités blues et rock viennent alourdir le son, saturer les guitares et changer de registre niveau message. Led Zeppelin, Deep Purple  et bien d’autres tracent la ligne directrice des années rock à venir. Black Sabbath emprunte le chemin le plus noir et le plus malsain de tous. Là où  Led Zeppelin  choisit le coté sexe, drogue et rock’n’roll et des envolées psychées, Black Sabbath plonge dans le dépressif et le macabre.

Pour un adolescent, comme moi, c’était la musique idéale. Black Sabbath et Pink Floyd sont 2 groupes qui vont jouer sans arrêt sur ma table tournante. Ce sont
mes premiers vinyles à vie.

Black Sabbath (1970)

Le morceau Black Sabbath semble être la bande sonore idéale pour le poème Stills Falls the Rain, avec l’abominable et angoissant tintement de cloches, le bruit de la pluie et l’orage. Ozzy chante sur Satan et après chaque vers, hurle désespérément : Oh, nooooo !. Le morceau est fondé presque entièrement sur un intervalle triton
(demi-octave), joué sur une guitare à un tempo très lent. Triton qui, au Moyen Âge, était souvent associé au diable dans la musique occidentale, à cause de sa sonorité ressentie comme oppressante et effrayante. On retrouve dans cette première chanson, la mention d’une Figure in Black qui fait référence à Satan.

Basically/N.I.B. raconte une histoire d’amour entre le Diable et une mortelle capable de le transformer en bon bougre, contribuèrent également à la polémique autour de cet album. The Wizard et Behind the Wall of Sleep sont des morceaux d’inspirations fantastiques. La première est une référence à la nouvelle Beyond the Wall of Sleep de l’écrivain américain H.P. Lovecraft. La seconde s’inspire du personnage de Gandalf du roman The Lord of the Rings de J.R.R. Tolkien. L’harmonica sur ce morceau fut d’ailleurs rajouté plus tard et joué par Ozzy Osbourne.

Warning et Evil Woman sont des reprises de standards blues. Le premier étant l’œuvre de Aynsley Dunbar Retaliation, groupe anglais qui n’a pas connu la célébrité à la hauteur de son talent (voir ses 4 albums studio). Le second titre est un classique de Crow qui est sorti quelques mois avant la reprise du Sabbath.

Même si l’atmosphère générale de l’album est doomy/heavy, le caractère bluesy n’est pas à exclure. Evil Woman et Warning, se rapprochant d’un Led Zeppelin mais toujours avec ce coté sombre en plus. Au niveau des paroles, on aborde des thèmes également obscurs (le diable, l’abandon, la pauvreté, le fantastique,…).

Black Sabbath, avec cet album et le suivant, pourrait être tenu pour géniteur du heavy, du doom, du stoner et plus généralement du metal. Le groupe nous plonge dans des soli incroyables, impose des ambiances froides, parfois glaciales, psychées, rock’n’roll et blues.

Plus de 50 ans après, cet album n’a pas pris une ride. Des titres comme Black Sabbath, le très lourd N.I.B., l’orientalisante intro de Sleeping Village et la magnifique longue pièce de plus de 10 minutes Warning touchent la perfection.

Black Sabbath, Paranoid (1970)

La chanson qui a rendu les musiciens de BS immortels a vu le jour après coup. En juin 1970, les métalleux de Birmingham supposaient que leur deuxième album qu’ils avaient tenté de baptiser War Pigs était dans la boîte. Leur label trouvait qu’il n’y avait pas assez de chansons, raconte le guitariste Tony Iommi. « Nous ne savions pas quoi faire. En quelques minutes, j’ai trouvé le riff de Paranoid. Je l’ai joué aux autres gars et ils l’ont aimé. Nous sommes dons partis de ce motif. La genèse de Paranoid a été aussi simple que cela : ce morceau a été écrit et enregistré en un jour. Nous n’étions pas à la recherche d’une chanson qui deviendrait un hit et nous ne nous attendions pas à ce que cela devienne un single. Nous avions juste composé ce titre pour compléter la playlist. »

Butler déclare à Classic Rock qu’il avait l’habitude de s’automutiler avec des couteaux et des épingles. Addic aux drogues, cela rappelle les effets de la drogue. « Quand vous fumez un joint, vous devenez totalement parano, vous développez de la méfiance vis-à-vis des gens. Vous ne pouvez plus connecter à eux. Il y a un lien entre le sentiment de paranoïa que l’on éprouve quand on consomme de la dope et la dépression dans laquelle on tombe après ça.

Black Sabbath, Master of reality (1971)

Ah! Black Sabbath… combien de groupes peuvent se vanter d’avoir produit une telle quantité d’albums de qualité en si peu de temps? Les 6 premiers albums pondus dans la première moitié des seventies sont tous des réussites énormes. Parmi ces albums beaucoup citeront Paranoid comme référence suprême et on ne pourra objectivement remettre en cause un choix si respectable.

Mais pour moi si un album devait définir Black Sabbath, ce serait Master of Reality. Il s’agit là de l’album le plus lourd de leur composition, jamais on ne retrouvera un tel Black Sabbath par la suite. Il s’agit de l’aboutissement de leur style première période glorieuse (celle d’Ozzy).

Du haut de sa petite mais indéfectible demi-heure, Master Of Reality est l’accomplissement de ce qui peut être considéré comme le premier triptyque du Sab’. Pas encore tout à fait dirigé vers les expérimentations qui se poursuivront avec Vol.4 et Sabbath Bloody Sabbath. Il est l’aboutissement de ce qui a fait de Black Sabbath un pilier fondateur et central de la musique saturée moderne.

Peu d’autres groupes de l’époque ont réellement engendré un tel mouvement, si ce n’est le Pink Floyd d’avant Dark Side avec son sens déjà particulier du psychédélisme et de la musique planante. Réducteur certes, mais ce n‘est pas le propos ici, on en a déjà fait un dossier. Quant à Led Zeppelin, ce n’est qu’une référence dont les héritiers réels se sont plus tournés vers un hard rock cliché et un peu glam. Qui vieillira mal contrairement à toute l’engeance metal et consorts dont les quatre membres de Black Sabbath sont les pères biologiques.

Irradiant de leurs courbes et de leur masse tous les groupes à fuzz d’hier et d’aujourd’hui et ce, que leurs fils aient décidé ou non de les renier. La famille c’est parfois cruel, mais il est certain que le plomb a encore de bien belles années devant lui en tant que matière première. Malgré tout le bien que l’on pense du Sab’,  bien des groupes ont repris ses grandes lignes tout en ayant beaucoup plus de choses à dire. Il faut bien avouer que dans bien des cas, les élèves ont dépassé le maître. (Source – albumrock.net).

Black Sabbath, Heaven & Hell, 1980

À l’aube des 80’s, malmené par l’explosion Punk et dans la ligne de mire des princes de la NWOBHM (Maiden, Saxon, Def Lep…), prêts à l’achever. Sans compter le tonitruant début de carrière solo d’Ozzy, Black Sabbath est dans une spirale infernale. Jusqu’à Sabotage, tous les albums avaient été certifiés au moins une fois disque de platine à la fois aux US et en Grande Bretagne (12 fois pour Paranoid, 5 fois pour Master of Reality). Or, depuis ces coups de maître, c’est la baisse des ventes et en l’an 1976 où sort Technical Ecstasy, le groupe n’obtient plus que de l’or sur le marché américain…

Puis est arrivé Ronnie James Dio… Heaven & Hell déferle alors dans les bacs, coincé entre le Tomcattin de Blackfoot et le Cultusaurus Erectus de Blue Oyster Cult. Dio, la voix d’or de Rainbow, son chant puissant, lyrique et technique participe grandement au virage stylistique des anciens compères d’Ozzy. Les puristes renâclent, mais les foules drainées par le torrent NWOBHM adhèrent.

La musique délivrée est désormais puissante et épique et Dio, qui est chargé des paroles, purifie et clarifie le chant qui y est apposé. Les chansons sont désormais entraînantes et facilement mémorisables.

Pour mon ami Francois-Xavier, c’est le meilleur de Black Sabbath… C’est un fou de vinyles comme moi.

Black Sabbath, Sabotage (1975)

Sabotage n’est pas seulement le meilleur album de Black Sabbath depuis Paranoid, c’est peut-être le meilleur album de tous les temps. Même avec les thèmes habituels de la mort, de la destruction et de la maladie mentale qui traversent cet album, la frénésie déchaînée et l’énergie brute auxquelles ils sont revenus ici arrivent comme une bouffée d’air frais.

Symptom of the Universe continue de divaguer, un écraseur atonal basé sur des riffs, puis se déplace pour une coda de jam acoustique légèrement rythmé. Megalomania est une inversion de cela, faisant irruption dans un hard rocker avec un refrain fredonné avant qu’il ne soit claqué à la maison dans un tremblement de phase et de larsen.

Pour se distraire, il y a Supertzar, qui met en vedette le chœur de chambre anglais qui chante une folie de phrases de guitare. Les fidèles de Black Sabbath vont sans aucun doute adorer ce disque et ceux qui n’ont jamais pris la peine de s’y adonner voudront peut-être même se faire plaisir. 25 septembre 1975. (Source – Rolling Stone magazine)

Pour moi, c’est la pochette qui m’a attiré. Ozzy avec sa longue tunique indienne et sa croix au cou.

 

Ricardo Langlois est l’auteur de 6 livres de poésie. Son dernier J’habite le ciel, 70 pages, 3 illustrations. Pour 12$.

 

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