Actualités

Bruce Dickinson #4

Bruce Dickinson : la voix d’Iron Maiden
et l’homme aux mille vies #4
Publié le 1er novembre 2026

Par Valérie Gagné

Chanteur, auteur, pilote de ligne, escrimeur, animateur, scénariste, brasseur et entrepreneur, Bruce Dickinson semble avoir vécu plusieurs existences en parallèle. Pourtant, derrière cette accumulation de métiers et de passions, on retrouve toujours le même mouvement : apprendre, prendre un risque, se mesurer à une difficulté réelle et refuser qu’un succès passé décide de tout ce qui doit suivre.

1999 : revenir sans effacer le passé

À la fin des années 1990, Iron Maiden et Bruce Dickinson se trouvent à un carrefour. Le groupe conserve une base fidèle, mais la période avec Blaze Bayley a été commercialement plus difficile. De son côté, Dickinson vient de reconstruire une crédibilité artistique avec Accident of Birth et The Chemical Wedding.

Le gérant Rod Smallwood favorise une rencontre. Dickinson et Steve Harris doivent dépasser les frustrations accumulées depuis 1993. Le retour n’est pas présenté comme une capitulation, mais comme la reconnaissance que le groupe et le chanteur peuvent de nouveau avancer ensemble. Adrian Smith revient lui aussi. Janick Gers demeure dans la formation, donnant à Maiden une configuration à trois guitares qui transforme ses possibilités d’arrangement.

Brave New World, publié en 2000, confirme que la réunion n’est pas seulement nostalgique. Le disque conserve les mélodies et les galops caractéristiques du groupe, tout en développant des structures plus progressives. La tournée et l’album en concert Rock in Rio montrent un Maiden capable de rejoindre une nouvelle génération sans renier la précédente.

La seconde période de Dickinson au sein du groupe devient finalement plus longue que la première. Dance of Death, A Matter of Life and Death, The Final Frontier, The Book of Souls et Senjutsu prolongent l’univers de Maiden. Les compositions deviennent souvent plus longues, plus cinématographiques et moins soucieuses des formats radiophoniques.

Le retour démontre aussi que changer d’avis n’est pas nécessairement se contredire. Dickinson avait besoin de partir pour savoir ce qu’il pouvait faire seul. Il peut ensuite revenir en apportant une identité plus vaste, au lieu de reprendre exactement la place qu’il occupait six ans auparavant.

Le pilote qui transforme les tournées mondiales

Dickinson commence à apprendre à voler aux États-Unis dans les années 1990. Il ne veut pas seulement goûter au pilotage comme loisir de célébrité. Il accumule les heures, passe les examens et obtient les qualifications nécessaires pour travailler dans l’aviation commerciale. Il devient pilote pour la compagnie charter Astraeus et commande des Boeing 757.

Dans un cockpit, le chanteur ne bénéficie d’aucun traitement spécial. Les procédures, la météo, le carburant, les performances de l’appareil et la coordination de l’équipage obéissent aux mêmes règles pour tous. Cette réalité explique en partie son attachement à l’aviation. Le vol associe connaissances techniques, responsabilité collective et décisions prises dans le temps réel. L’assurance n’y vaut rien sans compétence vérifiable.

Pour la tournée Somewhere Back in Time de 2008, Iron Maiden affrète un Boeing 757 capable de transporter le groupe, l’équipe et une partie du matériel. L’avion, baptisé Ed Force One, permet d’organiser un itinéraire intercontinental que les méthodes habituelles auraient rendu trop complexe ou trop coûteux. Dickinson fait partie des pilotes aux commandes.

Le documentaire Iron Maiden: Flight 666 montre cette organisation singulière : le même homme qui salue la foule à la fin d’un concert peut, après le repos réglementaire et les préparatifs nécessaires, se retrouver dans le cockpit de l’appareil transportant la tournée vers une autre ville. Ed Force One reprend du service en 2011.

Pour la tournée The Book of Souls de 2016, Maiden utilise cette fois un Boeing 747-400, exigeant une nouvelle qualification de type. Dickinson participe encore au pilotage, même si la formule souvent répétée selon laquelle il aurait « piloté seul son groupe autour du monde » simplifie évidemment le travail d’un équipage complet. Après la fermeture d’Astraeus en 2011, il ne quitte pas l’aviation. Il lance au pays de Galles une entreprise de maintenance aéronautique d’abord connue sous le nom de Cardiff Aviation, devenue Caerdav. Il en demeure le président. L’entreprise travaille depuis une ancienne base de la Royal Air Force à St Athan.

L’aviation n’est donc pas un décor ajouté à son image. Elle devient un second métier, puis une activité entrepreneuriale capable de survivre indépendamment des tournées.

Écrire, raconter et transmettre

Le goût de Dickinson pour les récits ne se limite pas aux paroles de chansons. En 1990, il publie The Adventures of Lord Iffy Boatrace, une satire extravagante de l’aristocratie britannique. Une suite, The Missionary Position, paraît en 1992. Ces romans utilisent un humour volontairement excessif. Ils montrent surtout qu’il considère l’écriture comme une pratique distincte, avec ses propres règles. Plusieurs années plus tard, il coécrit avec Julian Doyle le scénario de Chemical Wedding, film sorti en 2008 autour d’une réincarnation fictive d’Aleister Crowley.

De 2002 à 2010, Dickinson anime également une émission consacrée au rock sur BBC Radio 6 Music. Le rôle d’animateur l’oblige à écouter autrement : il ne s’agit plus d’être au centre, mais de présenter le travail des autres, d’établir des liens entre des générations et de donner une place à des artistes moins visibles.

Il présente aussi Flying Heavy Metal, série documentaire consacrée à l’histoire et à la technologie de l’aviation. Le titre joue évidemment sur sa double identité, mais l’émission repose sur un intérêt réel pour les machines et ceux qui les conçoivent.

En 2017, il publie son autobiographie, What Does This Button Do? Le livre relie l’enfance, Maiden, la carrière solo, l’escrime, les avions et la maladie. Dickinson l’écrit d’abord à la main. Il choisit aussi de protéger une partie importante de sa vie familiale, rappelant qu’une autobiographie n’oblige pas à transformer les proches en personnages publics.

Cette retenue est révélatrice. L’homme multiplie les activités visibles, mais ne considère pas que tout doive être livré. Les mille vies ne signifient pas l’exposition totale.

À suivre.

Bruce Dickinson : la voix d’Iron Maiden #1
Bruce Dickinson : la voix d’Iron Maiden #2
Bruce Dickinson : la voix d’Iron Maiden #3

 

Pour un monde meilleur 

Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone

INFOGRAPHIE : MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE : MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE.

Merci de nous aider en contribuant à notre campagne de financement. Si vous songiez à appuyer notre site, c’est maintenant, c’est ici. Chaque contribution, qu’elle soit grande ou petite, aide à notre survie et appuie notre avenir. Appuyez Famille Rock pour aussi peu que 5 ou 10 $ – cela ne prend qu’une minute. Merci !

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Laisser un commentaire

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Archives

Total Visiteurs

1044392
To Top

Pour Un Monde Meilleur!

Honorons Nos Survivants Pleurons Nos disparus

Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone!

Fabriqué au Québec!