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Florent Sivell Broken Boy

Entrevue de Florent Sivell
Analyse de l’album Broken Boy
Sorti le 23 septembre 2022.

Note:  8.5/10
Publié le 11 novembre 2022

Par Mel Dee

J’ai le plaisir de vous guider aujourd’hui à travers le monde de l’auteur-compositeur-interprète Florent Sivell. Broken Boy est le premier album solo de Sivell, mais ce musicien de grand talent est un vieux routier de la musique.

Florent Sivell. Crédit photo: Esther Spiegelman

Adopté par notre belle province il y a 23 ans, son parcours de vie est aussi riche que l’écriture de ses chansons, justement, il s’en inspire. Pour la première partie de l’article, il nous a offert une très belle entrevue, qui sera suivie par l’analyse de l’album Broken Boy, sorti le 23 septembre 2022.

Avant de se plonger dans l’entrevue, voici la chanson titre pour vous mettre dans l’ambiance et dans l’univers du Broken Boy

Entrevue

L’origine du musicien :

Florent, tu vis à Trois-Rivières, as-tu toujours habité dans cette belle région du Québec ?

En fait, j’ai vécu dans plein de pays. Je suis d’origine française né à Gap dans le sud de la France, mais aussi de nationalité canadienne. À partir de ma naissance jusqu’à l’âge de 9 ans, j’ai vécu en Iran, Maroc, Angleterre, Arabie Saoudite et je passais chaque été dans ma maison, dans le sud de la France. Je suis arrivé au Canada en 1984 et j’ai vécu en Ontario 11 ans (pour mon primaire et secondaire).

Après, je suis parti vers l’ouest vivre à Vancouver, où j’ai fait mes études en Musique au Cégep de Vancouver. Il y a de bonnes chances que cela m’a inspiré pour chanter en anglais. Cela n’empêche pas que j’adore la chanson française, de Piaf à Alain Bashung.

Je suis finalement arrivée au Québec en 1999 et j’ai vécu 11 ans à Montréal avant d’arriver à Trois-Rivières où je vis depuis.

Florent Sivell. Crédit photo: Esther Spiegelman

Quand ta belle histoire avec la musique a-t-elle commencée ?

J’ai commencé la guitare à l’âge de 16 ans. L’envie de compositions originales. est venu très rapidement mais le chant est venu à la fin des années 90. J’ai commencé comme back vocaliste pour une ex-copine et après avec mon frère. J’ai commencé comme chanteur principal vers 2010.  En plus du cégep, j’ai suivi beaucoup de cours privés en jazz et classique.  Je joue de la  guitare et je chante.

Les influences musicales de Florent Sivell ?

Mes influences sont très variées, de Miles Davis, John Coltrane à Bérurier Noir, Pink Floyd, Led Zeppelin, pour ne nommer que cela.

Broken Boy est ton premier album solo, parle-nous de ton parcours et précédents projets musicaux: Sivell and the Bad Habits, Sivell, Shake Mamas.
Qu’est-ce que ces projets t’ont apporté ?

Je dirais beaucoup d’expériences de compositions et de collaborations musicales, d’expériences de scène ainsi que d’explorer de nombreux styles de musique, pour aboutir à mon album Broken Boy. Je pense suivre une voie musicale propre à moi, qui englobe à la fois des ambiances musicales plus smooth et d’autres moments plus rock et chaotique.

l’album Broken Boy s’est forgé durant la pandémie

Au niveau des paroles, une certaine maturité et authenticité s’est installée, car l’album Broken Boy s’est forgé durant la pandémie et après la fin de mon dernier projet musical Shake Mamas. J’ai composé durant la pandémie une vingtaine de chansons., surtout pour m’exprimer et me faire du bien, je n’avais aucune intention de faire un album, ni d’ambition dans ma démarche.

Cela, je pense, fait que l’album vise surtout à éveiller des émotions chez l’auditeur, dépourvu de superflu et flafla. Et puis un jour j’ai senti que j’avais l’album, que je devais le produire comme si c’était le dernier que j’allais faire. Avec la réalisatrice Esther Spiegelman, on a choisi les 9 chansons les plus pertinentes et fortes.

Florent Sivell. Crédit photo: Esther Spiegelman

Broken Boy, un titre qui ne laisse pas indiffèrent. En découvrant les chansons, l’une après l’autre, clairement, s’agit d’un album d’auteur. Dirais-tu que c’est un album – autoportrait – intimiste ?

L’album est à 100% inspiré de faits vécus dans ma vie, bien sûr, j’en ai rajouté un peu, car de là vient tout le le plaisir d’écrire des textes, on peut aller où on veut. Pour moi, écrire des chansons est un processus thérapeutique, pour m’alléger un peu et essayer de mieux comprendre un événement, souvent douloureux (rupture, maladie, la mort), pour en ressortir plus fort et peut-être un peu plus sage quand viendra le prochain défi.

Clumsy Love

Par exemple, dans la chanson Clumsy Love, l’idée est vraiment que dans un couple amoureux ou en amitié, si on ne s’aime pas convenablement soi-même, on n’aimera pas l’autre comme il le mérite. Ainsi,  aussi longtemps que l’on n’apprend pas à s’accepter soi-même, on continue de perpétuer des relations où on s’aime maladroitement, et souvent les deux partis sont responsables de la dissolution de la relation. Alors, en écrivant les textes de cette chanson, l’idée ou l’espoir, c’est que la prochaine fois, on ne manquera pas son coup, qu’on puisse réellement aimer pleinement, une seule fois dans sa vie.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de l’album Broken Boy ?

En fait, l’album a débuté dans le studio d’un ami (que je garde anonyme) et après plusieurs mois d’enregistrement, il était clair qu’au niveau du son et des arrangements, l’album n’allait pas la bonne direction. J’ai financé moi-même l’album, donc j’ai eu un moment de panique, l’idée de ne pas pouvoir le finir comme je le souhaitais me tracassait. J’avais une urgence de faire cet album comme si c’était le dernier que j’allais faire.

Esther Spiegelman

J’avais déjà fait mes photos de promotion avec la multi-talentueuse Esther Spiegelman (photographe, vidéaste, multi-instrumentiste, auteur-compositeur-interprète, productrice et arrangeur) et je l’ai appelé en panique pour lui demander son aide. Elle m’a tout de suite dit qu’elle aimait beaucoup mon travail et qu’elle n’avait pas produit d’album depuis longtemps, et elle sentait qu’il y a avait vraiment quelque chose d’unique là.

Le seul bémol, c’est qu’on allait devoir repartir de zéro. Ce ne fut pas une décision facile, mais je me suis dit :  pas le choix on plonge . Je ne regretterai jamais cette décision, tout s’est fait comme sur des roulettes, production, mixage et mastering. Esther me trouva des excellents musiciens de sessions pour le groupe de soutient :

Catherina Theodorakakos à  la basse
Simon Pesant  à la batterie
Laurent Jarry – tech de son pour la batterie
Ainsi que les très expérimentés Shae Brossard– mix et Ryan Morey – master

Les plateformes :

Comme la plupart des artistes, je suis sur les plateformes numériques, mais je ne mets pas beaucoup d’énergie la dedans. Ça ne paye pas grand chose et en plus, on enrichit des compagnies qui exploitent les artistes.

Quels ont été tes plus grands défis pour la réalisation de cet album ?

J’ai engagé un tracker radio/agent de presse pour le Québec et j’ai fait le tracking radio/presse dans le reste du Canada. Mes chansons tournent surtout sur des radios universitaire et indépendante d’ouest en est à travers le Canada. J’espère que tous mes efforts rembourseront une partie des frais de la production de l’album.

– Les liens pour acheter l’album et encourager Florent Sivell, sont en bas de l’article.

Que penses-tu de la scène rock québécoise d’aujourd’hui ? Quels sont tes musiciens québécois préférés ?

Je ne suis pas à jour au niveau de la scène musicale québécoise, mais ce qui est populaire et gagne des prix à l’Adisq ne m’inspire pas du tout. Je suis plutôt old school dans la musique québécoise : Plume Latraverse, Harmonium, Jean Leloup (vieux albums), Les Colocs.

As-tu des spectacles de prévus pour la promotion de l’album ?

Pour l’instant, je laisse l’album faire son bout de chemin en espérant que des opportunités: spectacles, investisseurs (pour le prochain album) et autres collaborations se présentent. Par contre, je retourne vivre à Montréal dans la prochaine année et je compte bien dénicher des bons musiciens pour d’éventuels spectacles/tournées.

Parle-nous de la pochette ? Qui est Lucienne Issaly-Sivell, l’artiste derrière la peinture sur la pochette?

Pochette de l’album Broken Boy de Forent Sivell.  Par Lucienne Issaly-Sivell, Artiste peintre.

La pochette a était faite par ma mère Lucienne Issaly-Sivell.

C’est une artiste visuelle dont j’admire beaucoup le travail. Pas parce que c’est ma mère, car comme tous les artistes, il y a pas que du bon dans son œuvre, mais par moment selon moi, elle fait des créations uniques. Quand j’ai vu pour la première fois la peinture du visage qui constitue la pochette de Broken Boy, j’ai tout de suite su que ça devait être la pochette de l’album. Il y a comme une cassure dans le visage, une fragilité qui m’a tout de suite touché et j’aimais beaucoup les couleurs.

J’ai déjà par le passé utilisé des peintures de ma mère comme pour la pochette d’un démo avec mon ancien groupe Sivell and the Bad Habits et je compte bien le refaire dans l’avenir.

Ma mère a un site internet de son travail : Ici

Pochette de l’album Sivell & the Bad Habits. Par Lucienne Issaly-Sivell, Artiste peintre.

Analyse d’album 

Avant de faire la connaissance de Broken Boy, je me demandais s’il ressemblerati à sa photo (pochette d’album). À peine arrivée, il m’invite à prendre une marche, tout en lenteur et en douceur.

Un riff de guitare acoustique, une voix posée mi-Rock, mi-Folk, accompagnés de chœurs

Presque comme la scène d’un film ou les passants (figurants) se mettent à chanter.
Il me devance d’un pas timide, le regard fuyant, mais avec un rythme assurément joyeux, comme le premier chapitre d’une histoire.

Une légère brume plutôt pop m’éloigne, je me fais rattraper par le monologue d’une guitare électrique rouillée à la fin de la chanson. Je suis rassurée.

I’m Gonna Miss You

S’ensuit alors I’m Gonna Miss You, vient-il de lui demander d’être sa copine et voilà qu’il pense déjà à son départ ou au sien ? .. l’histoire de l’album, ses inspirations, se dessinent alors, ressemblant de plus en plus à la pochette.

Musicalement, un jeu de guitare encore plus intimiste, un petit air à la Dylan, mais soudainement, le terme Art Rock, dans sa version moderniste et non prog-rock, me vient à l’esprit. Un bel amalgame de rock-folk-expérimental.

Le temps d’y penser le troisième titre Say You’re Sorry (for once) me confirme, Sivell est-il inspiré par Radiohead ?

Bien que je ne sois pas une grande fan de ce grand groupe, je trouve une certaine originalité dans l’interprétation de Florent Sivell. Comme lors, ce qu’ont prens des ingrédients de base pour une recette et que l’on en fait un plat unique. 

De Dylan à Radiohead avec un soupçon de Bowie mais au final, du pur Florent Sivell, un nom à retenir absolument !

Oui David Bowie. Je vous donne The rendez-vous, au 4e titre de l’album, dites moi si le Ziggy Stardust ne vous a pas soufflé légèrement dans les oreilles ? Toujours avec une guitare acoustique aux accords classiques, notre heros du jour, nous donne rendez vous avec une belle compo, un titre qui, pour moi relève beaucoup le niveau de cet album.

Lost in your Eyes

du folk-rock électrique et mélodique, Sivell apporte une note nu folk, entre vintage et modernisme. Cette chanson est un voyage dans le temps. Le son de Broken Boy devient de plus en plus intéressant. La qualité des arrangements et de l’enregistrement – au son épuré et net – est étonnante, sachant que Florent Sivell à fait avec les moyens du bord. 

Mais où est donc le folk rock classique auquel je m’attendais ? Surprise, y en a pas, c’est bien à la sauce de Florent Sivell, comme sur la chanson Animal in your Cage. Très belle création, certainement la plus belle de l’album avec Too Sensitive.

Cette dernière est plus rock, révélant un côté que je trouve beaucoup plus intéressant, sur le plan de la compo, des arrangements et du rythme assez original. Je commence ici à mieux connaître ce compositeur .. peut être une piste pour un futur album, avec son meilleur profil musical.

Nous arrivons maintenant face à un pont nommé : What’s going on in your head. L’avant dernière chanson de l’album, fait un lien certain entre le point de départ Folk, un milieu expérimental – alternatif et un soupçons électro-rock.  En somme, une grande liberté de création et d’expression, Sivell, ne rentre pas dans le moule du gentil chanteur avec sa guitare aux quelques accords confortables. Ce qui rend cet album déroutant et émouvant.. sincère.

Broken Boy démarre timidement, mais prend de l’assurance et du caractère au fil des chansons. 

Si le noyau central de l’album est évidemment Sivell, la précision et la perfection du jeu des des musiciens qui l’accompagnent en harmonie est à souligner.

Clumsy Love, est LA chanson qui dévoile la pureté de la voix de Sivell. Au-delà de l’histoire, c’est vraiment le timbre grave, juste, puissant et doux à la fois. Le compositeur dépose ses armes et se pose. Comme pour reprendre son souffle et se reconcentre sur l’origine de son folk-rock originel. Ce titre termine en beauté l’album.

Florent Sivell

Peut-on vraiment quantifier une création musicale ou artistique ? Essentiellement si celle-ci est originale. Il y a, certes, des critères de base, mais l’objectivité n’est pas toujours évidente. Un album, une chanson, peuvent émouvoir aux larmes une personne et laisser indifférente une autre. Avec plus de 38 ans à baigner dans du rock, blues, métal, folk et jazz,  j’écris donc avec mes émotions, mes sensations et ma vieille oreille qui résonne et fait le lien entre vieux et nouveaux sons. 

Broken Boy, s’inscrit dans la lignée des albums non conventionnels. Sivell ne se contente pas de ballades folk-acoustiques, mais amène un son plus électrique .

Cependant, contrairement à beaucoup, le petit air à la Radiohead, ne m’a pas vraiment ravie.  Pourquoi ? Florent Sivell, est bien capable d’apporter un bon coup de Rock, original, poignant et poétique à la fois, comme un piment de bonne qualité qui relèvera le goût de son style personnel. Du caractère, ce musicien en a, cet album contient beaucoup de signes qui le prouve !! comme la chanson Too Sensitive.

L’avantage qu’a Broken Boy, il se faufilera aisément dans la plupart des radios, émissions de TV tout en restant authentique et identifiable.

Florent Sivell est un musicien charismatique, bien mystérieux et très talentueux. Encouragons-le à nous concocter un nouvel album, qui sera sans doute excellent.

Florent Sivell. Crédit photo: Esther Spiegelman

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Lucienne Issaly-Sivell artiste visuelle

Merci à Florent Sivell pour la belle et généreuse entrevue.

 

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