Chroniques

Genesis Gabriel Bruford Thompson

We Know That We Like Genesis #54
Une série sur toutes les époques de ce groupe mythique
Publié le 19 mai 2024

Par André Thivierge

Wind & Wuthering, le 2e et dernier album du quatuor est prêt à se faire connaître sur la route!

Après le lancement de leur 8e album, le 2e sans Peter Gabriel, Wind & Wuthering, le 17 décembre 1976, les membres de Genesis dont fait partie Tony Banks, Mike Rutherford, Phil Collins et Steve Hackett désirent profiter des critiques positives pour reprendre la tournée.

Des nouvelles d’un ancien membre fondateur

Pendant que le groupe connait un succès inégalé depuis son départ, son ancien leader se prépare à revenir dans le monde de la musique.  À l’automne 1976, on annonce que Peter Gabriel a commencé à travailler sur un album solo avec le producteur Bob Ezrin et des membres de l’ancien groupe d’Alice Cooper.  Ce sera le premier album éponyme de Gabriel et le début d’une carrière solo très réussie. 

Les réalisations de Gabriel en solo peuvent faire l’objet d’une série de chroniques à part entière, mais il convient de noter qu’il s’est forgé une identité distincte.  Bien qu’il soit communément admis que Gabriel a signé les bases de sa carrière avec Genesis, son succès en solo est tel qu’il s’agit presque d’une note de bas de page dans la vision contemporaine de sa carrière.

Est-que Bill Bruford sera de retour à la batterie en tournée ?

Les fans de Genesis croyaient bien que le batteur Bill Bruford reprendrait le collier en tournée après avoir relevé le défi durant la tournée A Trick Of The Tail. Ce ne fut pas le cas! 

Travailler comme simple musicien de session n’a jamais été le style de Bill et il a trouvé les tournées avec Genesis plutôt difficiles, simplement parce qu’il avait peu d’apport créatif, adoptant, comme il le dit, une attitude cynique envers le groupe, qu’ils étaient vraiment gentils de supporter.

Les médias ont révélé à l’époque qu’il était à former un supergroupe avec Rick Wakeman (Yes) et John Wetton (King Crimson).  Bien que le trio n’ait pas dépassé le stade des répétitions, Bruford n’a pas réintégré Genesis.  Il a plutôt formé son propre groupe, appelé simplement Bruford, avec le claviériste Dave Stewart (plus tard d’Eurythmics), le bassiste Jeff Berlin et le guitariste Alan Holdsworth.  Le groupe sort son premier album, Feel Good To Me, en 1977.

Bruford retrouvera une certaine notoriété par la suite en fondant le groupe rock-progressif UK avec Wetton,  Holdsworth et Eddie Jobson (Curved Air) dont le premier album éponyme, très acclamé , sortira en 1978. 

De toute évidence, nous pensions que ce serait bien que Bill Bruford soit avec nous de façon permanente, mais les circonstances ont changé, a déclaré Mike Rutherford à Melody Maker.

À la recherche d’urgence d’un nouveau batteur virtuose

Avec une autre tournée mondiale en vue, Bill a décidé qu’il ne pouvait pas donner à Genesis le temps dont ils avaient besoin et Phil Collins a donc cherché un batteur à nouveau.  Toujours en studio en train de mixer le nouvel album, il utilise le reste de son temps pour écouter autant de disques que possible dans le but de trouver un batteur anglais qui soit disponible et avec qui il serait heureux de travailler.  Il ne réussit qu’à éliminer tout le monde et à se retrouver avec un énorme casse-tête.

Un batteur de jazz américain au sein de Genesis ?

Phil Collins raconte dans son autobiographie la solution qu’il a trouvé : J’appelle Chester Thompson, immense batteur américain.  Je l’ai vu avec Weather Report et entendu avec Frank Zappa  sur l’album Live at the Roxy and Elsewhere  où il est associé avec un autre batteur, Ralph Humphrey.  Sur More Trouble Every Day, ils se livrent un fantastique duo de batterie qui me donne des idées pour notre groupe. 

J’appelle Chester, il me dit oui sans jamais nous avoir entre rencontrés,  on répète à quelques reprises et voilà,  il est pris.  Chester restera parmi nous jusqu’à la fin de notre tournée de retrouvailles en 2007. 

C’est un autre membre de Weather Report, le bassiste Alphonso Johnson, qui a fait les présentations. 

Un ami proche de Collins, Johnson a vraiment aimé A Trick of the Tail, a expliqué Chester Thompson en entrevue.  Nous voyagions en Europe et il jouait toujours cet album dans l’autobus de tournée.  Lorsque Collins l’a appelé, Thompson pouvait déjà deviner ce qu’on exigerait de lui, et il a sauté sur l’occasion.

Il raconte les circonstances de son embauche avec Genesis dans une entrevue récente (2021) avec le magazine Rolling StonePhil Collins m’a appelé lui-même pour me proposer d’être batteur de tournée pour Genesis. Il avait vu ce qui s’est avéré être mon dernier concert de Weather Report, mais il connaissait très bien le travail de Zappa.  Lorsque Phil a appelé, la première chose qu’il a dite a été : «Il n’y a pas d’audition. Si tu veux le job, il est à toi.

                   Weather Report 

Le tout premier jour de répétition, il m’a dit : «Comment joues-tu ce morceau ?». C’était un truc que Ralph Humphrey et moi avions fait à la fin de «Trouble Every Day» de Frank Zappa. Il s’agissait d’un double coup de batterie que Phil voulait apprendre, et il s’est retrouvé dans une chanson de Genesis, une version live en tout cas.

Des délais très courts pour apprendre le répertoire de Genesis

Thompson arrive au Royaume-Uni à la fin du mois de novembre.  Cela lui laisse très peu de temps pour répéter le répertoire de Genesis, car la tournée doit commencer le jour de l’an 1977 pour marquer une occasion spéciale : la réouverture du légendaire Rainbow Theater à Londres après quatre ans de fermeture.  La première partie de la tournée prévoit 18 dates au Royaume-Uni, avec parfois deux concerts le même jour.

Rainbow Theater 1977

Thompson raconte : Ils m’ont envoyé des cassettes. Je partais directement de San Francisco. Et même si j’ai écouté les cassettes, je n’ai pas pu me faire une idée précise de ce qui se passait avant d’arriver sur place. 

Lorsqu’ils m’ont contacté, ils avaient prévu dix jours de répétition pour un concert de deux heures et demie. Après le premier jour, je me suis dit : «Pour que ça marche, il faut que vous me donniez une liste des morceaux que vous voulez reprendre le lendemain – je les préparerai.»

En fait, je transcrivais littéralement tout ce que Phil jouait sur ces premiers albums de prog-rock. Je venais et je lisais le lendemain, ce qui était assez nouveau pour eux, car aucun d’entre eux ne lisait [la musique]. Ils trouvaient cela plutôt intéressant, mais c’était la seule façon de s’en sortir. Une fois de plus, je n’arrivais pas à dormir, car je restais debout toute la nuit pour écrire les grilles.

Mike Rutherford commente son arrivée avec le groupe dans son autobiographie : Chester ne savait pas grand-chose de Genesis avant de rejoindre le groupe (il avait failli être effrayé par la rumeur selon laquelle il aurait dû porter un costume), mais c’était peut-être pour cela que ça marchait si bien.  C’était bien d’avoir quelqu’un qui n’était pas trop amoureux de ce que nous faisions.

Un light show visuel à couper le souffle

Phil Collins décrit l’évolution de l’approche scénique du groupe à l’aube du début de la tournée Wind & Wuthering dans son autobiographie.

Wind & Wuthering sort en décembre 1976,  on démarre 1977 sur de bonnes bases –  la tournée commence le jour de l’an – et,  côté production scénique,  on est passé à la vitesse supérieure.  On a maintenant des lasers et des feux d’atterrissage de 747.  En tournée, Genesis à maintenant le gabarit d’un gros porteur. 

De mon point de vue de chanteur, tous ces accessoires, gadgets et autres lasers sont utilisés avec le plus grand discernement.  Ils ne sont pas dérangeants.  D’ailleurs, ces dispositifs visuels remplacent l’attirail de Peter.  Quelques lumières, quelques effets et le public semble avoir déjà oublié qu’auparavant le chanteur de Genesis était connu pour se déguiser en centurion. 

Le 1er janvier 1977, Genesis brise la glace et lance sa tournée avec un nouveau batteur, suivi d’un tournée britannique et plus tard de nombreuses dates en Amérique du Nord.  Est-ce que Chester Thompson, batteur de jazz américain sera capable de composer avec le flegme britannique de ses nouveaux collègues de Genesis?

À suivre!

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