George Thorogood – Entrevue 3/3
Backstage, MTelus, jeudi le 3 juillet 2025
Publié le 25 mars 2026
Par Glen Bourgeois
Le spectacle de George Thorogood and the Destroyers s’en vient bien vite au Hard Rock Café Ottawa, samedi le 4 avril. Il reste encore du contenu de son entrevue avec Glen Bourgeois du soir de son spectacle au MTelus, le 3 juillet dernier. Afin de vous donner goût de le voir à Ottawa, on présente la conclusion de cette longue entrevue.. Première partie (1/2) Deuxième partie (2/2)
Glen: Il s’agit ce soir de ma première fois à vous voir en spectacle, et j’ai l’impression que je serai très bien diverti. J’ai également mes bouchons d’oreille au cas où: on m’a averti.
George: T’as… t’as quoi?
Glen: On m’a averti du volume; j’ai mes bouchons d’oreille, question de prudence.
George: Ne t’en soucies pas. Si tu veux entendre quelque chose de fou au sujet des gens avec des bouchons d’oreille, nos spectateur sont presque ou plus bruyants que nous.
Glen: Ohh!
George: Oui.
Glen: Alors vous êtes obligés de monter le volume.
George: Non, on le garde tel quel. Notre sonorisateur ajuste le volume par rapport à l’auditoire. Il sait où, comment l’intégrer, tu sais, quand les gens deviennent bruyants ou comme vous voulez? Parce que, tu sais, les gens veulent nous entendre? Non, notre auditoire est aussi bruyante que nous. Mon amplificateur n’a que 12 à 25 watts… c’est un petit ampli, ça. Mais on y place un micro, tu sais, alors quand les gens disent, “Mon dieu, c’était bruyant,” je dis, “Et bien, vous étiez tout droit en avant de l’haut-parleur avec votre oreille collée dessus, certain que ça va être bruyant.”
Glen: C’est compris.
George: Tu sais? Mais le niveau de volume qu’on doit atteindre… afin de surmonter, et bien… c’est de buveurs de bière! C’est la façon, tu sais, quand ils viennent nous voir. Aucune critique des gens… C’est pourquoi ils viennent entendre Thorogood et les gars sur scène: ils viennent pour la bière, la boire, être bruyant et avoir du fun. Tu sais? Et parfois c’est bruyant. Surtout à Montréal. (Glen rit.) Surtout dans cette salle, le MTelus.
Glen: Ah, je le crois. Ouais… et bien, je devrais vérifier la liste de questions que les lecteurs m’ont données… En v’la une. Aurait-il une pièce que vous avez déjà entendue, une que vous n’avez jamais interprétée sur scène mais que vous aimeriez ajouter à votre setlist? (George y pense pour un instant.) Mettons, personne ne dirait, “Droits d’auteur” ou “C’est ma chanson que vous jouez, là…” ou bien…
George: Je ne peux pas dire, car il y a des chansons que j’ai bien voulu et je les ai essayées, mais elles n’ont pas marché. Une était Greedy Man que j’adore, de Eddie Shaw et l’autre était American Made, mais elles n’ont simplement pas pogné. Aucunement… alors on a cessé de les jouer. Tu sais…
En général, ce qu’on a fait, Glen, au fil des ans, et c’est probable que les maisons de disques ne veulent pas l’entendre, mais chaque fois que j’ai enregistré un album, je voulais m’assurer qu’l y avait au moins trois chansons que je pourrais intégrer à mon spectacle live afin de pousser l’album. Et les maisons de disques l’acceptaient assez, mais la plupart des maisons désirent un gros hit. Point final. Alors j’ai dit, “Et bien, s’il en résulte un gros hit, super! Mais ce que j’essaie toujours de faire après est de trouver deux ou trois chansons. Ce qui est devenu de plus en plus difficile avec chaque album car j’avais déjà d’autres chansons très populaires et on n’a que 90 minutes sur scène.
Glen: Oui…
George: Alors… ça devient bien plus difficile, euh, c’est bien plus difficule car ça coute bien de l’argent, faire un album. Un certain promoteur, plusieurs années passées, on enregistrait un album en studio et il n’arrêtait pas de demander à notre agent d’un engagement pour un festival six mois plus tard. Notre agent lui disait, “George est en studio, il ne veut pas qu’on le dérange, mais on te reviens là-dessus.” Le promoteur s’est acharné et s’est tourné à notre gérant, ce qu’il n’est pas censé faire, et lui a dit, “On veut avoir George à ce festival.” Notre gérant lui à répondu, “Et bien, il ne le fait pas,” et ajoute, “Il enregistre un nouvel album”. Tu sais ce qu’a dit le promoteur? “Pourquoi?”
Glen: Ohhhh…
C’est une situation délicate.
George: J’ai dit, “Fini, la session!” Je ne vais pas dépenser 100,000$ de mon argent à faire des chansons que personne ne veut entendre, quand j’ai déjà une bande de chansons qu’un promoteur met 100,000$ sur la table pour que je joue ce que j’ai déjà! Sortez-moi au plus vite de ce studio, c’est qui ce gars? (Glen rit.)
Tu comprends ce que j’veux dire? Car c’est dans ce but que j’ai travaillé. J’ai fait un spectacle en Orégon et le promoteur était une dame. Après le spectacle, j’ai dit, “J’aimerais revenir.” Elle m’a dit, “Absolument on vous aura de nouveau!” Et j’ai dit, euh, bien, je blague, j’ai dit, “On essayera d’apprendre quelques nouvelles chansons pour vous.” Et elle me répond, “NON!!!!” (Glen s’éclate de rire.) Elle persistait, elle s’est montrée ferme et a dit, “NON! Je veux les HITS!!!” Et je lui ai dit, “Tu l’as! Tu l’as, babe! Je vais aller chercher le répertoire et je suis prêt!” (Rire)
Glen: Cool! Ahh…
George: D’autres… ils disent, “Je n’aime pas cette chanson-là…” Moi, je dis, “Possible que je m’en tanne, que le groupe s’en tanne mais la foule ne s’en tanne pas et c’est qui, c’est la foule qui mène le show.
Glen: Vrai.
George: Tu sais? S’ils en sont tannés, qu’en dites-vous qu’on arrête de la jouer! S’ils l’aiment, on continue! (Sourire en coin.) Un calcul simple. (Rire humble.)
Glen: Bien sûr! Et avec tous les plateformes de streaming en ligne maintenant, que ce soit Spotify, Apple Music ou autre, est-ce qu’on commence à demander des chansons qu’on n’a pas demandé auparavant? Est-ce que les gens puisent dans votre…
GEORGE: Non, pas vraiment. Non. C’est rare. Ils demanderont pour bien de matériel de nos tout débuts. On s’aperçoit, quelque demandes pour The Sky is Crying presque chaque soir ou bien Madison Blues ou Ride On Josephine de nos deux premiers albums.
Ils ont leurs vraies, bien que j’ai entendu quelques-unes de nos pièces
obscures à la radio. C’est bien rare que j’ai entendu quelqu’un crier pour une de celles-là. Non… je sais pour lesquelles ils sont venus.
Glen: Cool.
George: De toute façon, cela n’a aucun rapport! Même s’ils voulaient que je les jouent, je ne m’en souviendrais pas! Je les ai enregistrées 25 ans passés et je le sais. Tu sais, il fallait qu’on les jouent à chaque soir (25 ans passés) et c’;était alors tout frais. Alors…
Glen: C’est bien! Et il a de votre musique qui… attire un nouvel auditoire. Mettons, avez-vous entendu le gars qui a remixé Who Do You Love? Je m’en suis aperçu sur Spotify. Il ne l’a pas trop changé, ce remixeur/réalisateur Safari Riot a changé le beat un peu.
George: Est-ce que c’est la version qui ajoute l’harmonica?
Glen: Euh, c’est possible, oui.
George: J’pense que son nom, le joueur d’harmonica, était Top Jimmy ou quelque chose du genre, il y a ajouté un harmonica, je me rappelle quand ils l’ont fait. Cela n’a fait aucune différence. La foule demandait encore la version originale! (Rire.)
Glen: Oui. (Les deux rient encore.) Un fan fini m’a demandé si tu te sers encore du morceau de cuivre comme slide.
George: Et oui.
Glen: Cool! Comment c’est arrivé?
George: Je suis allé voir Muddy Waters en spectacle, et c’était le seul que j’ai vu avec un slide en cuivre et j’ai pensé que ça me donnerait un son unique. J’ai vu des gens de servir de verre, j’ai vu des gens se servir d’acier. Le cuivre est plus mou, il s’use davantage. Et Muddy Waters s’en servait. En fait, je lui ai volé. Je me sentais mal de l’avoir… mais pendant 24 heures j’avais le slide de Muddy Waters. Je l’avais piqué de son banc. Ensuite on s’est retourné à la maison, je suis revenu le voir le soir d’après, je me suis assuré que quelqu’un lui ramène. Tu sais, j’ignorais s’il en avait un autre ou quoi, mais pour 24 heures, j’avais son slide sur mon doigt. Dans ma chambre!
Glen: En répétition?
George: Précisément! (Les deux éclatent de rire.) Mais je lui ai retourné. Alors… le bon karma.
Photo: Muriel Massé
Glen: Oui. J’essaie de penser à plus de choses, car… ah, la Gibson 125. Tu l’as maintenant dans un endroit sécuritaire, avec toutes ses réparations et tout le kit. Et maintenant c’est une série de guitares Epiphone avec laquelle vous faites affaires. Est-ce que certaines parmi ces guitares se démarquent au point que vous dites en début de set, “Bon. C’est la guitare que je veux et lorsque j’en aurai besoin d’une autre, j’en prendrai une autre…”
George: Pas vraiment. Celle dont je me sers et celle que j’utilise pour le slide, c’est à peu près tout. Car tout simplement, je ne peux pas jouer d’autres guitares, Glen. J’ai essayé, j’peux pas, ça ne marche juste pas. Et j’avais bien usé toutes les autres. Alors on était prêt à retirer George. On n’avait plus de guitares! On les avait bien tabassées et on ne les faisait plus. C’est ainsi que Adam, (le gérant de George) a plongé en disant, “Nononononon… on va te trouver une guitare!” (Glen rit.) Alors ils ont fait une Epiphone avec les caractéristiques physiques identiques à la 125 sauf à deux fois la puissance. Alors… ça fait un bon bout de temps.
S’ils ne l’avaient pas fait, je ne serais pas ici maintenant.
Glen: Epiphone est bien connu pour sa prise des modèles Gibson afin de les faire revivre. Ou bien de les garder belles…
George: T’as déjà vu des premières photos de Keith Richards et des Beatles? Les toutes premières. Quelle marque de guitare qu’ils jouaient?
Glen: Et moi je pensais des Gretch…
George: Epiphone.
Glen: Epiphone! Ah, bon.
C’est après plus de 40 minutes que le gérant de tournée vient frapper à la porte. Je suis étonné du temps et de la générosité de George de m’avoir accordé tant de temps. Il dit tout simplement, “We were having fun…”
Je pars en le remerciant chaleureusement et il me remercie de retour. C’est en sortant la porte qu’il me lance, “N’oublie surtout pas de mentionner Gaston!” (C’est qui, ce Gaston? La réponse se trouve à la première partie de cet entretien…)
Pour un monde meilleur
Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone
Photo de bannière: Muriel Massé
BANNIÈRE: RENÉ MARANDA
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE
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