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Jimmy Ayoub 1953 2023

Décès de Jimmy Ayoub
Batteur de Mahogany Rush
Publié le 19 décembre 2023 

Recherche : Yves Monast et Géo Giguère 

Jimmy Ayoub  1953-2023

La communauté rock vient de perdre un autre talentueux musicien, James (Jimmy) Ayoub, à l’époque, de 1970 à 1982, le batteur de Mahogany Rush.

Frank Marino a rendu un hommage touchant à son comparse et grand ami :

« Jimmy est probablement l’un des meilleurs batteurs qu’un groupe de pur rock puisse avoir, voire le meilleur. Il possède tous les attributs nécessaires à ce rôle très particulier… De la puissance, de l’endurance, un excellent feeling rock, un mélange parfait de technicité et de simplicité, pas trop technique mais pas trop simple, il aime jouer, il aime faire la fête, il est adoré par les membres du beau sexe et il rend tout amusant, tout le temps. Il est rarement, voire jamais, de mauvaise humeur ou morose, et n’est jamais trop imbu de sa personne au point d’ennuyer les autres.

C’est le joueur d’équipe par excellence, le Charlie du bon temps, l’animal rock’n’roll heureux et plein de joie de vivre. C’est aussi un ami très loyal envers ceux qu’il fréquente, en particulier son groupe. »

1971

Terre des Hommes – Jimmy Ayoub, Paul Harwood et Frank Marino

« Lorsque j’ai rencontré Jimmy, il ne jouait pas grand-chose de technique, mais il savait frapper, et fort ! Au début, j’ai probablement eu autant à faire avec ce qu’il a appris que n’importe quelle autre de ses influences de batteur parce que, étant moi-même un ancien batteur, je l’incitais toujours à essayer de nouveaux fills, de nouveaux rolls, de nouveaux rythmes… Je voulais un batteur très actif et il devenait de plus en plus accompli, ce qui fait que nous allions bien ensemble. »

« Tout ce que je pouvais imaginer, il pouvait l’accomplir à un moment ou à un autre et plutôt rapidement. Il s’est très vite adapté à la musique que nous faisions et a continué à évoluer avec elle. Il aimait beaucoup Billy Cobham, mais il aimait aussi beaucoup d’autres… presque tous les autres. Il a eu une batterie Ludwig au début, puis une batterie Gretsch plus tard (que je l’ai convaincu d’acheter) et, à ma connaissance, il utilisait toujours la Gretsch et la vieille Ludwig. »

1979, à Bromont. Solo de batterie

« Jimmy n’était pas du tout jaloux et avait confiance en lui. C’est assez rare dans le milieu des batteurs de rock. Beaucoup de ceux-ci ont une attitude qui les pousse à regarder les autres batteurs de rock de haut ou à les critiquer, mais Jimmy était toujours le premier à encourager et à applaudir pratiquement tous les batteurs de tous les autres groupes avec lesquels nous avons joué.

La seule critique de Jimmy à l’égard d’un autre batteur concernait le fait qu’il jouait doucement, il trouvait ça nul. Il ne le disait jamais de manière condescendante, mais il riait et plaisantait sur le fait que le gars était un flanc mou (ce sont ses mots, pas les miens). Même si le gars jouait parfaitement à cent à l’heure, s’il ne frappait pas fort, Jimmy en riait… mais, encore une fois, jamais d’une manière supérieure, mais comme si c’était vraiment drôle. Il se demandait vraiment pourquoi ils se donnaient la peine d’apprendre ce genre de choses s’ils ne frappaient pas fort. » Merci à André Thivierge pour avoir traduit le bel hommage de Frank Marino.

Voici l’avis de décès publié par sa famille :

C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de James (Jimmy) Ayoub dans son sommeil le 10 décembre à l’âge de 70 ans. Jim laisse dans le deuil son épouse Lyne Chenier, ses sœurs Nicki Lynn et Maureen, ses frères Nicky (Cyndi) et Joseph (Quynh), ses enfants bien-aimés Malu, Nora, Evan, ses nièces et neveux, et ses 8 merveilleux petits-enfants qu’il adorait. Jim est né le 18 août 1953 à Montréal de Iona Leonard et Nick Ayoub. Son père était un musicien classique et de jazz qui a éveillé son amour de la musique tout au long de sa vie. Jim a connu une carrière fructueuse en tant que premier batteur du groupe Mahogany Rush et a voyagé dans le monde entier, effectuant des tournées et jouant avec d’autres groupes de rock célèbres tels que Queen, Aerosmith, Kansas, Ted Nugent, Myles Goodwin, etc. Il était aimé et admiré par les batteurs et les fans du monde entier. Un grand merci à ses médecins Elena Neamt et Najwa Buhlaiga ainsi qu’aux infirmières de son CLSC.

Visites le samedi 23 décembre de 15 h à 17 h et de 19 h à 21 h à Urgel Bourgie, 1255 avenue Beaumont, Montréal, QC H3P 0A1. Au lieu de fleurs, un don à l’église orthodoxe St-George ou à l’organisme de bienfaisance de votre choix serait apprécié.

Photo : Julie Eve

Sympathies des amis

Paul Harwood, bassiste :
Jimmy was the real ‘rock star’ in the band. Jimmy had the smoothest double stroke rolls in the business! He was Tommy Lee before Tommy Lee

Frère Polo :
Jimmy est venu nous voir au Barouf sur St Denis en 1994 et il m’avait dit « Embrasse ton soundman, il fait une job incroyable!!! Votre band est fantastique aussi » …On se connaissait depuis 1978, à l’époque où j’allais souvent au Night Magic dans le vieux Montréal…Il était aussi venu me saluer quand je travaillais comme DJ au Super Sex (vers 1989-90). Il était en compagnie d’Aldo Nova et il était toujours aussi gentil avec moi.

On s’aimait bien tu sais et je savais depuis longtemps qu’il menait une bataille avec le cancer. C’était un maudit bon gars et je suis peiné de son départ

Jean Pellerin, bassiste :
Le père de Jimmy, Nick, a été mon professeur de jazz à mes débuts. J’avais 17 ans, au centre Musical de Orford camp d’été. Jimmy est venu faire un tour au camp. J’ai pas eu la chance de jouer avec lui . R.I.P.

George Papafilys, guitariste :
Jimmy Ayoub était excellent et talentueux batteur, une inspiration musicale. Un très gentil, humble et amical être humain, toujours avec un grand sourire et de belles histoires d’aventures vécues. Merci pour ton amitié, Jimmy et surtout d’être venu fêter mon anniversaire de mariage avec moi. Tu vas nous manquer.

Jim Zeller, harmoniciste :
J’ai rencontré Jimmy en 1976 lorsque j’ai joué sur What’s Next de Mahogany Rush. Jimmy et moi nous étions de grands amis. Nous avions l’habitude de veiller à la Nuit Magique, je travaillais avec Pag. En 1977, environ, je me rendais à NYC, nous étions de bons amis avec Busta Jones, bassiste de Pagliaro. Jimmy est venu souvent à mon loft de NYC en 1981-82. Nous avons fait des spectacles ensemble, formé un groupe avec Busta Jones et Steve Segal. Avons joué plusieurs spectacles à NYC, le Mudd Club, Peppermint Lounge. En juin 1982, nous étions souvent ensemble avant mon arrestation. Nous nous sommes revus après mon incarcération de 2 ans à la prison de Riker’s Island.

En 1987-88, Jimmy était le batteur dans mon groupe. Nous étions des Rockstars au cours de ces années, demeurant très près l’un de l’autre.

Je savais qu’il était très malade mais il gardait toujours son esprit de Rockstar. J’ai par la suite joué avec lui dans des évènements et des jams. La dernière fois c’était il y a environ un an, pour un jam à Dorval. il a joué deux chansons avec moi. Mais il était très fragile. Très triste qu’ il soit décédé. Un vrai frère.

Vince Montegano, guitariste :
J’ai vu Mahogany Rush dès leur début à l’aréna St-Laurent. Prix d’admission 25 cents. J’ai parlé à Jimmy à ce moment-là et quelques fois dans les années qui ont suivies. Jimmy était un grand batteur. J’étais (et le suis encore) impressionné par son style particulier sur Back on Home. C’était quelque chose de spécial de l’écouter sur l’album Maxoom et tout aussi bon en spectacle. Les premiers spectacles, un temps et une époque que vous pouvez comprendre ..que si vous l’avez vécu. 

John Patelis, guitariste :
Vivre à Montréal à la fin des années 60 et au début des années 70 c’était tout simplement formidable, dans une société toujours dynamique et diversifiée. Notre maison était remplie de tous les styles de musique, du blues, du country, du rock’n’roll, du jazz et de la musique traditionnelle. La radio diffusait les dernières nouveautés des plus grands groupes et nous étions toujours au courant de ce qui était ‘rocking’ . Je ne savais pas que lorsqu’un copain me mentionnait que le groupe de son frère jouait au Forum, qu’un jour je partagerais le stage avec lui.

Après une visite chez ce copain, nous sommes allés au studio pour pratiquer. Deux set Ludwig avec de doubles grosses caisses étaient présentes. J’ai vu une guitare électrique Gibson SG qui est à côté d’un amplificateur Yamaha, et après je suis passé à l’une des batteries. J’ai commencé à jouer avec les baguettes et la caisse claire, soudainement une silhouette avec ROCK STAR écrit partout sur cette aura, s’est dirigée vers moi. C’était Jimmy Ayoub, le batteur de Mahogany Rush. Il m’a demandé si je voulais jouer de la batterie ? Surpris, j’ai immédiatement répondu OUI !!! Il m’a dit: On va faire des études!!! Malheureusement, après 2 semaines, notre famille est partie définitivement pour la Grèce.

Le fait est que je suis revenu à Montréal en tant que musicien actif avec une petite histoire personnelle en 1996 et Jimmy cherchait un guitariste. Son frère m’a mentionné et le reste a été écrit sur une scène du ROCK dans l’une des nouvelles salles de musique Live de la fin des années 90.

Puissions-nous tous nous souvenir de la véritable étoile d’un homme et mentor, Jimmy Ayoub. P.S. La guitare électrique Gibson SG mentionnée ci-dessus était celle de Frank Marino, le grand guitariste virtuose de Mahogany Rush. 

Russel Labadie, batteur :
La 1ère fois que j’ai vu Jimmy jouer, c’était au Grand Salon de Mascouche. Je n’avais que 16 ans et avais eu la chance d’entrer voir Mahogany Rush grâce à des amis plus vieux.  J’étais encore un débutant à la batterie. Voir Jimmy se déchaîner sur son drum ce soir-là, m’a beaucoup appris. J’étais beaucoup inspiré par la suite.   L’album Mahogany Rush IV, je l’ai dévoré à discerner ce que Jimmy jouait, son approche, son ‘son’ de drum, ses passes, ses punchs, etc.

Je ne peux pas nier son influence sur mon jeu. Des années plus tard, lorsque je jouais avec le groupe original Skyscraper Madhowse dans un bar de Montréal, Jimmy est arrivé un peu avant la fin de notre show avec des copines à lui. Il est venu me voir, on a jasé un peu, il avait aimé le groupe.  Notre côté rock et brut, un vrai Montréal Rock Band à ses dires. À la demande du proprio qui s’était joint à notre conversation, on a laissé Jimmy jouer quelques tounes classiques rock avec mon groupe, à mon grand plaisir, sur mon drum! Encore cette fois, il m’avait inspiré quelques trucs que j’utilise encore. Dans les dernières années, j’ai échangé un peu avec lui sur Facebook. 

Jimmy restera un drummer rockstar à mes yeux et sûrement aux yeux de plusieurs ici au Québec. Son départ soudain et inattendu m’a laissé sans mots sur les réseaux sociaux. On aurait tous aimé qu’il vive plus longtemps. Il avait encore la fougue et le look d’un gars 20 ans plus jeune. RIP Jimmy Ayoub, you will not be forgotten.   

Photo : Julie Eve

François Lycke :
J’ai eu la chance incroyable de jouer avec la section rythmique rock la plus talentueuse du Québec. Nous avons écrit des chansons, que je suis en train de dépoussièrer en vue de les publier pour le plaisir. Non seulement Jimmy était le meilleur batteur rock, il était aussi un formidable compagnon de route avec une bonne humeur contagieuse. Faute de trouver un chanteur pour ce projet, nous nous sommes séparés à ce moment-là. Jimmy était un batteur qui écoutait attentivement, il savait anticiper les mouvements et avait une sorte d’instinct qui rendait le jeu avec lui magique. Rip Jimmy Ayoub

Yvon Paquette : 
Je connais très bien Jimmy Ayoub. On se voyait régulièrement dans les années 2000. Il m’a remis en cadeau plusieurs disques, auquel il avait participé, et que je conserve précieusement dans ma collection. À une occasion il est venu jouer au bar où je travaillais comme DJ. Malgré qu’il ne maitrisait pas bien le français, on avait beaucoup de plaisir à se raconter des anecdotes sur le showbiz québécois. On a eu du plaisir en masse !!! Des soirées gravées dans ma mémoire.

Yves Monast :
 J’ai eu la chance de voir le trio original à quelques reprises. mais j’ai rencontré Jimmy une seule fois, au Club Soda. Lorsqu’ il a participé avec Dave Goode et Frank Marino à un solo de drum, en fait ce solo incluait les 3 batteurs. J’ai jasé avec Jimmy après le spectacle.

Le 18 août 2023, je lui ai téléphoné pour lui souhaiter une joyeux anniversaire, pour ses 70 ans, de la part de la Famille Rock. Je lui racontais que la première fois que j’ai vu le band, c’était en 1971 à l’aréna Jean-Béliveau. Un gars avait dit à Frank qu’il devrait lâcher la guitare et se concentrer sur ses pédales. J’ai dit à Jimmy, c’est exactement cela qu’il fait présentement. En lui demandant si le gars était un genre de Nostradamus ? Ça l’a bien fait rire.

Bon voyage Jimmy

 

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Sur la photo de bannière, on voit de gauche à droite : Jim Zeller, Jimmy Ayoub, Rick Blue, Jerry Mercer, Trevor Payne, Frank Marino et Graham Chambers.  Photo de Graeme Bishop prise au Bourbon Street West, Pointe-Claire, le 3 mai 2009.

BANNIÈRE: MURIEL MASSÉ 
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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