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Judas Priest Invincible Shield

Judas Priest – Invincible Shield
9/10
Publié le 11 mars 2024

Par Patrick Loiselle

50 ans plus tard et toujours aussi pertinent !

2022- Richie Faulkner, Ian Hill, Glenn Tipton, Rob Halford et Scott Travis. Photo: J. Kravitz

On ne l’espérait pratiquement plus, ce 19e album des maîtres du métal britannique, surtout avec tous les problèmes de santé qui ont affecté certains membres du groupe lors des dernières années. Rob Halford et son cancer de la prostate. Glenn Tipton qui souffre de Parkinson, l’empêchant de performer live depuis plusieurs années. Ritchie Faulkner qui a pratiquement laissé sa vie sur scène en 2021 lors du Louder Than Life Festival où il a dû être transporté d’urgence à l’hôpital, immédiatement après leur prestation et subir une intervention d’urgence au cœur, qui a duré près de 10 heures. 

Mais, ils sont fait forts nos métalleux !

Après une absence de plus de 5 ans, soit depuis l’excellent Firepower paru en 2018, le groupe nous revient avec Invincible Shield. C’est le troisième album avec Ritchie Faulkner, depuis qu’il a remplacé KK Downing en 2011. Encore une fois, c’est le producteur Andy Sneap, qui fait également office de 2e guitariste live en remplacement de Glenn Tipton, qui se charge de tout mettre les ingrédients en place pour en faire un plat divin.

Judas Priest, que j’ai vu live plus d’une 20e de fois et dont je n’ai jamais manqué de tournées depuis ma toute première à Verdun, pour Screaming For Vengeance en 1982, occupe une partie importante de ma vie depuis mon adolescence. J’ai même vu les 2 tournées avec Tim « Ripper » Owens dans les années 90. Pour Invincible Shield, j’ai déjà 2 dates de prévues dans les prochains mois pour voir live ces nouvelles pièces. Comme on peut s’en douter, j’avais donc très hâte à la sortie de l’album.

Maintenant, est-ce que Invincible Shield sera un digne successeur ou est-ce que Firepower fut un coup de chance ? La réponse plus bas !

Ce qui saute aux yeux et oreilles, c’est comment la chimie entre Ritchie et le reste du groupe a pris une toute nouvelle dimension. Lors du premier album ensemble, Redeemer of Souls, le premier depuis le départ du membre fondateur KK Downing, on sentait que le groupe se cherchait une identité. L’album en soi n’était pas mauvais, mais il y avait définitivement un certain manque d’inspiration, de confiance et surtout de cohésion. Les choses s’étaient grandement améliorées avec le magnifique Firepower et on sentait qu’un énorme pas venait d’être franchi sur le côté créatif entre les principaux acteurs. Ritchie prenait définitivement plus de place et affichait clairement plus de confiance. L’album avait d’ailleurs reçu plusieurs accolades de la presse spécialisée en général et fut également un très beau succès commercial. 

C’est avec 10 nouvelles pièces, plus 3 autres sur l’Édition Deluxe, que Priest confirme ses ambitions. Au fil des derniers mois, le groupe avait sorti 4 pièces, toutes très différentes l’une de l’autre, mais toutes excellentes. Les attentes étaient donc très élevées pour la suite.

L’album débute en trombe avec Panic Attack, qui fut également le premier single à sortir. Une intro à la guitare synthétisée, qui n’est pas sans rappeler l’album Turbo et même que quelques clins d’œil lui sont adressé. La ressemblance s’arrête là avec le mal-aimé de la discographie. Pour le reste de la pièce on se retrouve plutôt à l’époque de Defenders of the Faith et son solo à la Freewheel Burning. On remarque immédiatement la superbe production de Andy Sneap. Comme il fait pratiquement partie du groupe, c’est clair qu’il sait exactement comment ça devrait sonner. Quelle entrée en matière et fort possiblement la pièce qui débutera leur live show, qui se mettra d’ailleurs en branle le 11 mars à Glasgow en Écosse.

La deuxième pièce de l’album, qu’on avait elle aussi pu entendre avant la sortie est The Serpent and The King et on reste encore dans la sonorité de l’époque Defenders. Rob nous sort sa voix haut perchée des belles années et ça brasse solide. Définitivement, une des plus heavy de l’album et un superbe one-two punch avec Panic Attack pour débuter l’assaut.

Suit ensuite la pièce titre de l’album et Invincible Shield et on reste encore dans le feel des années 80, mais avec la période Ram it Down. Une intro très rapide et heavy et que dire du jeu de Scott Travis aux drums, tout le long de l’album. Il est très présent et je dirais que c’est possiblement sa meilleure performance sur un album de Priest depuis qu’il s’est joint au groupe pour Painkiller. La pièce, d’une durée de plus de 6 minutes, la plus longue de l’album, démontre de façon spectaculaire le talent de Ritchie Faulkner avec un superbe solo tout en voltige, mais en demeurant quand même mélodieux. Absolument un des moments forts de l’album.

À noter que même s’il y’a plusieurs références aux albums passés, Invincible Shield est tout à fait d’actualité et ne sent pas du tout le réchauffé. C’est plutôt un hommage à leurs racines et se veut pratiquement une rétrospective de leurs plus belles années. Au lieu d’essayer de se réinventer, ils ont judicieusement décidé de se concentrer sur ce qu’ils font de mieux et c’est tant mieux ! 

Après le matraquage des 3 premières pièces, le tempo ralentit un brin avec Devil in Disguise. Une bonne pièce, avec encore une fois un superbe solo de Ritchie et un refrain accrocheur. S’ensuit Gates of Hell, qui est possiblement la plus commerciale, avec des airs de la période Point of Entry avec son excellent refrain digne des meilleures pièces de Alice Cooper. Une de mes préférées du moment.

Crown of Horns, qu’on avait également déjà entendu, radoucît encore un peu plus la cadence, même si on est loin de parler d’une ballade comme telle. Elle pourrait ressembler à (Take These) Chains de Screaming for Vengeance. Une pièce extrêmement solide.

Une fois les esprits un peu reposés, ça repart en force et puissance avec As God is My Witness. Une intro toute en vitesse, qui gardera le cap pour toute la durée. Trial By Fire, nous ramène plus dans les années 2000, époque Angel of Retribution. Un fade-in pour annoncer le début, qui n’est pas sans rappeler Judas Rising. Encore une fois, une autre excellente pièce avec un Rob en très grande forme. La prochaine, Escape From Reality est assurément la pièce la plus différente de l’album. Beaucoup plus lente, mais très lourde. Elle aurait très bien parue sur Crucible, l’album solo que Rob avait sorti en 2002 avant de rejoindre Priest.

Sons of Thunder, une courte pièce de moins de 3 minutes avec un tempo rapide et probablement la plus faible de l’album. Rien de vraiment spécial à mentionner. Giants in the Sky conclue la portion standard de l’album. La pièce est un hommage aux Grands de la musique qui sont disparus. En entrevue, Rob mentionnait que les départs de Ronnie James Dio et Lemmy en particulier l’avait beaucoup affecté et il voulait leur rendre hommage d’une certaine façon. La pièce est un peu plus lente et se veut une suite logique de la période Firepower. Après le solo en milieu de pièce, une superbe portion acoustique avec un Rob tout en émotion surprend un peu, mais a tellement sa place quand on prend le contexte des paroles. Ça repart pour la finale qui se termine pour un cri sur les paroles de « You Will Never DIE ». Grandiose !

Ces 10 pièces que comprend la version standard de l’album sont du pur bonheur pour l’amateur de Judas Priest que je suis. Mais, pour le connaisseur qui en veut toujours plus, il y a également une version Édition Deluxe comprenant 3 pièces additionnelles et elles sont loin d’être des rejets. 

La première, Fight of Your Life est un clin d’œil à peine déguisé à la période Stained Class. Le riff, la voix, le solo, tout y est pour un retour dans les années 70. Pièce sublime et définitivement la meilleure des 3. Vicious Circle est la 2e et offre une sonorité plus actuelle, jusqu’au solo, tout en harmonie, qui nous ramène encore une fois dans les glorieuses années 80. Finalement, la toute dernière et The Lodger qui nous offre un tempo plus lent et un peu envoûtant avec un solo joué avec retenue et finesse. L’album se termine sur les paroles répétitives de Rob, « Vengeance Is Mine. »

En conclusion, comment classer ce nouvel album ? Personnellement, je le trouve excellent. Il est plus homogène que leurs derniers et le flot des pièces est meilleur. Ritchie Faulkner est définitivement LA grande vedette de l’album. Son jeu est puissant, rapide et mélodieux à la fois. On reconnaît facilement qu’il est un disciple des écoles Michael Schenker pour la mélodie et de Dave Murray pour la vitesse.

Rob, de son côté est toujours aussi incroyable et à 72 ans, il chante mieux que lors de son retour au bercail au début des années 2000. À l’âge et au niveau de santé que Rob Halford et surtout Glenn Tipton en sont rendus, il s’agit fort probablement de leur dernier album studio. Si c’est le cas, il pourront dire « Mission Accomplie  avec Invincible Shield ». 

Pour répondre à ma question plus haut; est-ce que Invincible Shield sera un digne successeur ou est-ce que Firepower fut un coup de chance ?  La réponse est un énorme OUI, sans équivoque !

 

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