Chroniques

Macphail Roadie Genesis

Le 6e Genesis #4
Une entrevue exclusive avec Richard Macphail, un témoin important des débuts de Genesis
Collaboration entre Famille Rock et l’Association Genesis-France
Publié le 17 décembre 2022
Vues 480 
Republié le 26 mars 2024

Texte et édition : André Thivierge de Famille Rock  Entrevue : Paul Herlitschka de l’Association Genesis-France                


En juillet 2022, l’administrateur du site Genesis-France, Paul Herlitschka a eu le plaisir de rencontrer celui qui est considéré par plusieurs fans comme le 6e membre de Genesis, tant il a joué un rôle important dans les débuts de ce groupe mythique. Famille Rock est heureuse de s’associer avec Genesis-France pour vous offrir la 4e partie des extraits de cette entrevue qui aura duré en tout et partout deux heures.

Paul Herlitschka et Richard Macphail, 14 juillet 2022

Macphail, le premier roadie officiel de Genesis

Pendant que les membres de Genesis répétaient sans cesse au Christmas Cottage, appartenant aux parents de Richard Macphail, ils faisaient leur apprentissage de la scène.  Richard nous raconte quelques anecdotes de ces débuts en spectacle.

Genesis France (GF) : À ce stade, Genesis n‘avait pas encore une grande expérience du live….?

Richard Macphail (RM): Ça c‘est développé très rapidement, mais le véritable premier concert était à la Brunel University à Uxbridge (à l’ouest de Londres) dans la Students Union qui était à la base un bar, mais il y avait une scène.

Peter Gabriel voulait placer les enceintes de sono à l‘arrière de la scène pour qu‘il puisse s’entendre (rires). Il n‘avait aucune idée de l‘effet Larsen (sifflement qui se produit lorsqu‘un micro est placé devant un haut parleur, créant un retour de son ou feedback)

Du coup Peter et Anthony Phillips étaient surpris par d‘énormes sifflements! Nous n‘avions pas de retours de scène, et toujours des problèmes pour faire entendre la voix de Peter parce qu‘elle n‘est pas puissante. Aujourd‘hui, les moyens techniques sont incroyablement avancés. J‘envie franchement notre époque, l‘équipement est mille fois meilleur et surtout mille fois plus léger. Il n‘y a plus de distorsions, c‘est complètement numérique.

GF Après, Genesis a joué au Ronnies Upstairs pour quelques concerts…

RM : Bien sûr, très important, il y avait un gars, Markus Bicknell qui voulait devenir le gérant du groupe, mais les autres pensaient qu‘il ne faisait pas le poids pour ce qu‘ils ambitionnaient. Ça aurait peut-être fonctionné parce que ce gars était très amical et voulait montrer sa bonne volonté, il nous a obtenu plusieurs concerts, dont celui du Upstairs de Ronnie Scott.

GF : …qui était un club de Jazz, en fait…

RM: Celui-ci était au rez-de-chaussée, il n‘avait aucun lien avec le salle au premier étage (Upstairs) dédié au rock. Ils voulaient faire concurrence avec le Marquee, mais en étaient très loin.

Une rencontre marquante pour l’avenir de Genesis

Mais le plus important, c‘est que ce fameux soir, les seuls spectateurs furent Tony Stratton-Smith, Gail Collson (les deux de la compagnie de disque Charisma) et John Anthony, qui sont exprès venus pour nous voir jouer.

Tony Stratton-Smith

Et Tony, (Stratton-Smith, directeur de l’étiquette The Famous Charisma Label) n‘aurait jamais quitté Londres à part pour les courses de chevaux. Il avait deux amours, la musique avec son étiquette Charisma et les courses de chevaux. Il n‘aimait pas partir de Londres, un peu comme Woody Allen qui ne partait jamais de New-York. Mais ce jour là il était à quelques minutes du Ronnies, puis il a rejoint les deux autres, ils ont vu le concert, puis nous avons signé chez Charisma quelques jours plus tard.

GF : Mais Genesis était encore sous ce premier contrat avec ces différentes clauses, non?

RM : Ooh oui, le premier, avec leur premier gérant, Jonathan King, ouais….c‘était terrible, ils étaient trop jeunes, heureusement, pour signer légalement, parce que ce contrat allait les lier. Remarque, ces contrats étaient courants à l’époque. Alors c‘est le père d‘Ant, un grand banquier de commerce, qui a signé en présence d‘un de ses avocats …

Jonathan King

GF : …et il les a sauvé de ce contrat-piège!

RM : oui, ils les a sauvé de cette situation, c’était d’une importance capitale! Mais, le seul problème pour moi avec ce contrat de Charisma plus tard, c‘est qu’elle était à la fois une maison de disque et agence de concert. J‘ai toujours été pour que les trois, le groupe, la maison de disques et l‘agence de concerts travaillent indépendamment, en triangle. Mais finalement peu importe, c‘était mieux ainsi pour différentes raisons: En premier lieu, Stratt adorait absolument Genesis. Et il était prêt à tout faire pour eux.

Bon, ça a pris du temps. Tu sais, quand j‘ai quitté Genesis la première fois en 1973, ils avaient un budget chez Charisma pour 300.000£!! Ils ont investi, réinvesti et perdu de l‘argent. Heureusement qu‘il y avait Lindisfarne (un groupe très populaire à l’époque). Donc, avec eux, l‘argent coulait à flots et avec Genesis, il disparaissait tout autant à flots.

GF : Stratton-Smith devait vraiment y croire alors, avec l‘expérience des groupes qu‘il a déjà signé, pourtant Genesis commençait à avoir du succès avec ce fameux concert du Rainbow.

RM : Ahhh, c‘était la grande percée!

Témoin de la révélation italienne

GF: Puis un an avant, en Italie, il y avait des concerts de plus de 4000 personnes!

RM : Incroyable, oui!!!!!!! La première fois que nous allions en Italie c‘était en avril 1972. Puis on est retourné en août la même année. Soudainement, c‘était un autre monde, tu sais, ces jeunes venaient par milliers, ils connaissaient les chansons par choeur!!!! Et ils chantaient avec nous en frappant dans leurs mains!  Aahhh l‘ambiance italienne!!!!

Et c‘était crucial pour le groupe, ce soudain succès (et Richard prend soudain une mine presque triste) parce que…entre Nursery Cryme et Foxtrott avec tout l‘argent perdu, on s‘est vraiment demandé si ça allait continuer …et tu vois, d‘un coup cette réponse en Italie…..alors on s‘est dit, si ça marche, aussi bien là bas, ça peut marcher dans d‘autres pays également!

GF : Est-ce que cet agent italien, Salvatore, vous a convaincu en disant, ‘venez en Italie! Ça marchera du tonnerre!’ ou comment ça s‘est passé? Il a ramené ses amis?

RM : Well!!! Yeaah!!! Charisma savait que les ventes grimpaient. Moi j’y croyais à peine, ni de devoir tourner là-bas. Finalement nous y avions joué, dans ces salles de sport avec cette terrible acoustique. Tu sais, si un „clap“ résonne pendant 12 secondes, comment veux-tu mixer là dedans? J‘ai simplement réglé les volumes comme d‘habitude (rires!!) puis j‘ai mixé comme je l‘entendais, mais ces changements ne faisaient aucune différence (il éclate de rires)

Mais c‘était une aventure tellement incroyable, de voir cette réception du public italien, j‘en parle dans mon livre évidement, nous finissions cette première tournée à Rome avec 8 à 9000 personnes, et en revenant chez nous, il n‘y avait à nouveau plus que 20 spectateurs…. Et!!! Ne-me-demandez-pas (en détachant les mots) pourquoi en Italie particulièrement….

Une des raisons de ce soudain succès, si tu l‘as lu, c‘est Steve Hackett qui la donne!

GF : oui, leur sens du spectacle musical, et du théâtre!

RM : Mais…franchement….je n’ai pas vraiment compris la raison pour laquelle Genesis était tellement apprécié en Italie…

GF : en considérant que c’est partie d’une petite compagnie, avec des noms comme Lindisfarne, ils étaient également une machine à sous pour Van Der Graaf Generator

RM : oui, une vache à lait. Pour une étiquette, il suffit d’un groupe, Lindisfarne…ils étaient vraiment très bons à cette époque.

Genesis et Lindisfarne

Et Stratt a eu l‘idée géniale de cette Six Bob Tour avec Van Der Graaf, Lindisfarne et Genesis parce qu‘elle était abordable! Le public venait pour Lindisfarne, mais ils nous ont entendu avant. Et au fil de la tournée, le public venait de plus en plus pour Genesis, c‘est en fait là qu‘ils ont gagné ceux qui les suivront encore longtemps.

À venir, Richard MacPhail est témoin de l’enregistrement du premier album avec l’étiquette Charisma, Trespass.

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RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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