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Pollen album éponyme 1976

Pollen célèbre son cinquantenaire !
Avril 1976 chez Kébec-Disc
Publié le 18 avril 2026

Par Michel Linker

Au cœur de l’âge d’or des 70s, un seul et unique album aura suffi à Pollen pour trouver sa place parmi les grandes formations de rock progressiste. Ce quartette montréalais était né d’une providentielle rencontre en 1972, entre deux brillants poly instrumentistes : Jacques Rivest (chant, guitare, basse, claviers…) et Richard Lemoyne (guitares, claviers, basse). Rejoints peu de temps après par le batteur, flûtiste & vibraphoniste Serge Courchesne.

À l’initiative de ce dernier, leur formation avait failli passer en quintette quand il proposa deux claviéristes supplémentaires : Claude Lemay devenu membre officiel, ainsi que Serge Locat qui, recruté entretemps par Serge Fiori. Il venait de rejoindre le groupe Harmonium avant leur mythique second opus la Cinquième Saison, publié trois ans plus tard.

Toujours en 1972, ce fut tout bêtement un pot de pollen de fleurs se trouvant dans le réfrigérateur de la maison occupée par les musiciens, qui donna son nom au groupe. L’année suivante, à l’initiative de leur agent Alain Simard, Pollen inaugura au cégep Maisonneuve (Montréal), une première et longue période de concerts où leurs spectacles se distinguaient tout particulièrement par une grande qualité visuelle (jeux de lumière) due aux deux talentueux concepteurs Jacques Lamarche & Jean Saro. Retenus pour accompagner la tournée québécoise de Gentle Giant, ce fut par contre en trio que Pollen dut occuper la scène. Se partageant la batterie, suite au départ assez soudain de Serge Courchesne que remplaça, mais seulement en 1975, le batteur & vibraphoniste Sylvain Coutu, tandis que le groupe se produisait toujours dans des concerts à guichet fermé.

Ce ne fut qu’au printemps 1976 que parut enfin ce premier album sans titre préalablement enregistré au studio Marguerite. Sous cette somptueuse et mémorable pochette illustrée par Jacques Lamarche, nous découvrions dans une veine éminemment symphonique, l’un des plus beaux albums de rock progressiste venus de la Belle Province.

Jacques ‘Tom’ Rivest (chant, guitare acoustique, basse, claviers)
Richard Lemoyne (guitares électrique & acoustique, claviers, basse)
Claude ‘Mego’ Lemay (claviers, vibraphone, flûte, basse, chœurs)
Sylvain Coutu (batterie, vibraphone, percussions).

Vieux Corps de Vie d’Ange , première des six plages du répertoire, donnait d’emblée, la pleine mesure d’une musique kaléidoscopique et d’une grande sophistication. Autour du chant de Tom Rivest et de la fraîcheur et la signifiance de ses textes, elle faisait la part belle à de brillantes parties instrumentales au détour desquelles nous pouvions ici et là, croiser Genesis, Yes ou encore Emerson Lake & Palmer. Ses deux premières minutes pouvaient également évoquer Gentle Giant à travers un thème audacieux dans ses mesures rythmiques, qui associait au Moog, une guitare électrique particulièrement inspirée. La suite de cette pièce délicieusement contrastée brillait par sa luxuriante diversité de claviers (orgue, synthés analogiques, claviers acoustiques) et le raffinement de certaines textures comme la combinaison piano/vibraphone.

Onirique et pastoral, L’Étoile était bercé par une flûte gabriélienne et des arpèges et motifs hackettiens de six-cordes émaillés de piano électrique et de nappes de claviers banksiens.

Tandis que L’Indien rapprochait davantage Pollen de leurs compatriotes Harmonium à travers la couleur folk conférée par les deux guitares acoustiques à cette ballade refermant la face ‘’solaire’’ du disque.

La seconde face dite ‘’lunaire’’ s’ouvrait avec célérité et énergie sous l’impulsion de Sylvain Coutu dans le 4ème et le 5ème morceau. A l’écoute de Tout l’Temps et de son entrelacs de claviers (clavecin électrique, synthétiseurs), nous pouvions une nouvelle fois penser au groupe des frères Shulman. La même manière que pour Vivre La Mort, un autre morceau de choix dont le mysticisme du sujet était magnifié une brillante instrumentation associant une élégiaque partie de six-cordes électrique aux funestes sonorités d’un orgue auquel se joignaient Moog et autres claviers, et évoluant en crescendo vers un captivant final.

Somme toute, l’épique dernier morceau La Femme Ailée n’était pas LA pièce de résistance mais une autre pièce majeure de ce disque. Même si, après une première partie de quatre minutes renouant avec le registre folk de L’indien, les six dernières, totalement instrumentales et hautement symphoniques (variations temporelles, interplays et solos de guitare et de claviers) offraient indéniablement à Pollen l’un de ses plus grands moments…

L’album fit l’objet d’une mémorable soirée de lancement au Grand Théatre De Québec où Pollen partageait l’affiche avec Caravan. Ce fut malheureusement déjà, l’ultime production du groupe qui se sépara à la fin de cette même année 1976.

Pollen, première partie de Gentle Giant, Colisée de Québec

29 août 1975, Pollen avec Weather Report et Gentle Giant, Autostade de Montréal

Cependant, dans cette même veine progressiste, à l’instar, entre autres, de Voyage Au Tibet, nous pourrions presque considérer Jacques Tom Rivest paru trois ans plus tard (CBS/1979), comme un second opus de Pollen dans la mesure où nous y retrouvions aux côtés de Jacques Rivest, Richard Lemoyne, Claude Lemay, ainsi que le premier batteur Serge Couchesne. Absent sur ce disque, Sylvain Coutu fit partie de la première mouture du célèbre trio de jazz-rock Uzeb formé par Michel Cusson et Alain Caron, mais fut vite remplacé par Paul Brochu. Les trois autres ex-membres de Pollen se lancèrent quant à eux, dans la Direction musicale : pour Jacques Rivest, ce fut celle de la chanteuse Joe Bocan qui connut un certain succès ‘(notamment avec la chanson Les Femmes Voilées). Richard Lemoyne accompagna (entre autres) la carrière de Richard Séguin et Claude Lemay, celle d’une certaine Céline Dion dont il avait également été préalablement le claviériste.

Pollen fut remasterisé au Canada en 2005 (ProgQuébec) dans une édition joliment illustrée (biographie et photos d’archives) puis en 2010 au Japon chez Belle Antique.

 

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Fabriqué au Québec
Basé à Montréal, capitale mondiale du rock francophone

INFOGRAPHE: MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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