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Jimmy Page Zoso 1ère partie

Zoso : l’énigmatique symbole de Jimmy Page 
Publié le 4 septembre 2026

Par Valérie Gagné

… et  la part la plus intime de son univers

Associé depuis plus de 50 ans au légendaire guitariste de Led Zeppelin, le nom « Zoso » provient d’un symbole personnel que Jimmy Page n’a jamais complètement expliqué. Son origine exacte demeure incertaine : il pourrait s’agir d’une création personnelle influencée par l’astrologie, l’alchimie et ses lectures occultes, mais aucune source publique ne permet de confirmer une interprétation unique.

À première vue, le dessin semble former quatre lettres : Z-o-S-o. C’est ainsi que les admirateurs de Led Zeppelin ont commencé à l’appeler Zoso. Pourtant, Jimmy Page a toujours refusé de confirmer qu’il s’agissait d’un mot, d’un nom ou même d’une inscription destinée à être prononcée. Pour lui, ce symbole était avant tout une marque personnelle.

Il ne l’a pas présenté comme un logo commercial ni comme un message à décoder. Il s’agissait plutôt d’un emblème choisi pour le représenter au sein d’un groupe dont chaque membre allait adopter son propre signe. Cette distinction est importante : « Zoso » est le nom donné par le public au symbole de Page et non nécessairement celui que le guitariste lui-même lui attribuait.

Aucune source primaire connue ne permet d’établir avec certitude si Page s’est inspiré d’un symbole ancien, s’il a combiné plusieurs références ou s’il a créé lui-même cette forme à partir de ses lectures et de son imaginaire. Les rapprochements avec Saturne, le Capricorne, l’alchimie ou la magie cérémonielle sont plausibles, mais demeurent des interprétations.

Jimmy Page avant Led Zeppelin : la formation d’un musicien et d’un chercheur

L’histoire de Zoso ne commence pas en 1971. Elle s’inscrit dans une curiosité plus ancienne de Jimmy Page pour les symboles, les traditions mystiques et certaines formes de connaissance marginalisées par la culture dominante. La chronologie précise de ses premières lectures occultes est toutefois difficile à établir à partir de sources primaires. Page a souvent évoqué son intérêt pour Aleister Crowley, mais les récits détaillés de cette période reposent en partie sur des entrevues rétrospectives et des biographies.

Né le 9 janvier 1944 à Heston, dans le Middlesex, James Patrick Page grandit dans l’Angleterre de l’après-guerre. Il commence à s’intéresser à la guitare pendant son adolescence et devient progressivement un musicien recherché dans les studios londoniens.

À cette époque, la scène musicale britannique connaît une transformation profonde. La télévision, la radio et l’industrie du disque font émerger une nouvelle génération de groupes et de chanteurs, tandis que les enregistrements professionnels reposent encore largement sur des musiciens de studio capables de s’adapter rapidement à des styles différents.

Page devient l’un de ces instrumentistes. Il participe à de nombreuses séances d’enregistrement et acquiert une expérience importante de musicien, d’arrangeur et plus tard, de producteur. Les listes de crédits de cette période doivent toutefois être consultées avec prudence : certaines séances sont incomplètement documentées et plusieurs attributions ont été discutées par les historiens et les collectionneurs.

Le guitariste de studio recherché de Londres

Au début des années 1960, Jimmy Page est encore très jeune, mais son talent attire l’attention des producteurs et des arrangeurs. Il travaille notamment avec le producteur Shel Talmy, associé à plusieurs enregistrements des Kinks et des Who.

Page est crédité sur des séances liées à cette scène britannique. Il est notamment associé aux enregistrements des Who, I Can’t Explain et Anyway, Anyhow, Anywhere, même si les détails exacts de sa participation varient selon les sources et les versions consultées. Il joue également pour des artistes comme Brenda Lee, Petula Clark, Lulu, Donovan, Nico, Van Morrison et les Everly Brothers, mais tous les crédits parfois reproduits dans les discographies ne présentent pas le même degré de certitude.

Il est donc préférable de parler d’une activité de studio considérable plutôt que d’affirmer que Page a joué sur chaque titre qui lui est attribué. Il devient néanmoins l’un des guitaristes les plus sollicités de Londres et participe à la culture des musiciens de séance qui soutiennent une grande partie de la production pop britannique.

L’expression « Wrecking Crew britannique » est parfois utilisée pour décrire ce milieu, par analogie avec le collectif de musiciens de studio de Los Angeles connu sous le nom de Wrecking Crew. Il ne s’agit pas du nom officiel d’un groupe londonien auquel Page aurait appartenu.

Cette période est essentielle pour comprendre le futur leader de Led Zeppelin. Page n’est pas seulement un guitariste virtuose. Il apprend à penser comme un arrangeur et comme un producteur. Il comprend comment une chanson est construite, comment une texture sonore peut modifier une mélodie et comment l’enregistrement peut devenir un outil artistique.

Des collaborations qui façonnent son langage musical

Les collaborations de Page avant Led Zeppelin sont nombreuses et variées. Elles l’obligent à passer d’un style à l’autre : pop orchestrale, rhythm and blues, folk, rock, musique de variété et expérimentations de studio.

Avec Donovan, Page participe à plusieurs séances, notamment à celles associées à l’album Sunshine Superman et à d’autres productions de la fin des années 1960. Les crédits précis peuvent différer selon les morceaux et les éditions, mais cette collaboration lui permet d’explorer des arrangements plus riches et plus atmosphériques.

Avec The Yardbirds, Page franchit ensuite une étape décisive. Il rejoint d’abord le groupe comme bassiste en juin 1966, avant de reprendre la guitare et de partager le rôle de guitariste avec Jeff Beck. Cette période est relativement brève, mais elle est importante : Beck et Page développent une approche plus agressive et expérimentale de la guitare électrique, fondée sur la distorsion, les effets, les contrastes de volume et la recherche de nouvelles textures.

Lorsque Jeff Beck quitte les Yardbirds à la fin de 1966, Page devient le principal guitariste du groupe. Il poursuit cette activité jusqu’à la dissolution de la formation en 1968. Les derniers concerts et enregistrements des Yardbirds annoncent certains aspects de Led Zeppelin, mais il serait excessif de présenter cette période comme une simple répétition générale du groupe à venir.

Page travaille également avec John Paul Jones, qu’il connaît du milieu des studios londoniens. Jones est alors arrangeur, bassiste et claviériste. Leur relation professionnelle précède donc largement la création de Led Zeppelin et facilite leur collaboration lorsque Page cherche à former un nouveau groupe après la fin des Yardbirds.

La rencontre avec Robert Plant et John Bonham

Après la dissolution des Yardbirds en 1968, Jimmy Page doit honorer certains engagements de concerts sous le nom de The New Yardbirds. Il recrute John Paul Jones, puis découvre Robert Plant, chanteur originaire des Midlands dont la voix possède une puissance et une amplitude inhabituelles.

Plant lui recommande John Bonham, batteur avec lequel il joue notamment dans Band of Joy. Page est impressionné par la force de Bonham, mais aussi par son sens du groove et sa capacité à jouer avec liberté sans perdre la structure du morceau.

La formation qui prendra rapidement le nom de Led Zeppelin réunit ainsi quatre musiciens aux expériences complémentaires :

Page apporte son expérience de studio, ses arrangements et sa vision de producteur;
Plant apporte une voix capable de passer du murmure au cri;
Bonham impose une batterie massive, souple et profondément rythmique;
Jones fournit une base harmonique et une maîtrise instrumentale exceptionnelle.

Le groupe ne naît donc pas de manière isolée. Il est le résultat de plusieurs années de collaborations, de séances d’enregistrement, de tournées et d’expérimentations.

 

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INFOGRAPHIE : MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE : MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF : MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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