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Ant Band Genesis to Reimagination

Analyse de l’album de The Ant Band – From Genesis to Reimagination

10/10 – Une relecture réussie! Un trésor retrouvé!

Publié le 29 mars 2026

Par : André Thivierge

Donner ses lettres de noblesse au premier album de Genesis considéré comme une oeuvre mineure.

Connaissez-vous l’album From Genesis to Revelation?

Il s’agit du tout premier album de Genesis, dont les membres étaient encore de jeunes étudiants de 17 ans. Anthony Banks (clavier), Peter Gabriel (voix), Anthony Phillips (guitare) et Michael Rutherford (guitare et basse) accompagné de l’éphémère batteur Jonathan Silver étaient déjà de prolifiques compositeurs qui ont été repérés par Jonathan King qui a agi comme leur premier gérant.

Ce dernier leur a donné leur nom d’artiste (Genesis) et a proposé d’offrir un album concept basé sur un thème biblique.  From Genesis to Revelation devait raconter l’histoire de l’humanité, un concept très large.

À l’époque plusieurs des pièces composées par Genesis en prévision du premier album n’ont pas été choisies par King car elles n’étaient pas suffisamment commerciales selon lui.  King trouvait que le groupe était déjà très fort en composition mais était très inexpérimenté musicalement. C’est pourquoi, il a privilégié une approche plus acoustique. King les encourageait à garder leurs compositions simples, basées sur la guitare acoustique et le piano. Banks voulait jouer l’orgue, ce qui n’était pas encouragé par King.

Malheureusement, l’ajout de cordes et de cuivres aux chansons ont minimisé leur potentiel et fait passer le groupe comme un pastiche des Bee Gees ou des Moody Blues. Comme le budget d’enregistrement était minime, on utilisa une console 4 pistes et compressa la bande d’accompagnement (basse, batterie) sur une piste en mono afin de faire de la place pour les cordes (1 piste).  Le piano, la guitare et la voix de Peter ont été compressés sur les deux pistes restantes ce qui affecta la qualité du son.

Les membres du groupe ont été découragés et déçu à l’époque par la décision de King d’ajouter des cordes et cuivre sur l’ensemble de l’album. Phillips en particulier était choqué par l’effet des cordes sur la musique. Il a souligné en entrevue que la production de King n’a pas aidé la musique. Les musiciens ont qualifié le son d’ensemble de désastreux.

L’album, auquel on proposa une pochette sombre, avec une couverture à l’allure de livre religieux sans crédit d’artiste est sorti en 1969 avec une approche étant tout le contraire des règles de base du marketing.  Celle-ci a fait en sorte que plusieurs magasins de disques ont classé l’album dans leur section Religion. La compagnie de disque Decca en vendra 650 copies à l’origine et disparaitra aussi rapidement qu’il a été lancé.

Près de 60 ans plus tard, une formation se consacrant à l’oeuvre d’Anthony Phillips propose de réparer l’erreur du premier album de Genesis!

Le groupe The Ant Band a été fondé en février 2021 sous la forme d’un « projet de confinement » par l’ingénieur du son et musicien Tom Morgenstern. Il s’agit d’un collectif musical regroupant des membres venus de toute l’Allemagne. Ce n’est pas un groupe hommage, mais il se concentre sur l’œuvre d’Anthony Phillips, le guitariste d’origine de Genesis.

Après avoir sorti un premier album consacré à l’oeuvre d’Anthony Phillips réussi (A Light on the Hill), le groupe a choisi de s’attaquer au premier opus de Genesis, souvent mal-aimé en raison de sa production datée et de ses arrangements orchestraux imposés par le producteur et premier gérant du groupe, Jonathan King

Le groupe avait comme objectif de restaurer la vision originale du groupe en suivant l’ordre des morceaux prévu sur la bande maîtresse de 1968, tout en modernisant le son. Anthony Phillips, guitariste fondateur de Genesis, a agi comme consultant et a rédigé les notes d’accompagnement (liner notes). 

L’album From Genesis to Reimagination (sorti en février 2026) est un réenregistrement complet du premier album de Genesis. Il va au-delà d’une simple reprise, réinterprétant les 15 titres et les 9 interludes issus des bandes originales de 1968 avec un son « légèrement modernisé », et comprend des prises alternatives des débuts telles que « Visions of Angels ».

Dirigé par Tom Morgenstern à la suite de leur album consacré à Anthony Phillips, le projet vise à exploiter le potentiel de ces premières chansons, souvent considérées comme trop simplistes (influencées par les Bee Gees et les Moody Blues).

En entrevue avec Genesis-News.com le producteur explique le projet!

Selon lui, les morceaux de l’album original sont loin d’être parfaits sur le plan technique et leur arrangement est loin d’être abouti – ils recèlent donc un fort potentiel de développement. Il s’agit toutefois d’un album très éclectique et varié, regorgeant de bonnes chansons qui n’ont malheureusement pas eu leur chance à l’époque. Ce ne sont en aucun cas de simples chansons pop, comme on l’a souvent prétendu, voire critiqué, car elles présentent un degré de complexité harmonique relativement élevé. Ou, pour le dire plus simplement, les gars ont utilisé bien plus que les trois accords standards de la musique pop, et ils l’ont fait avec tant d’habileté que la plupart des auditeurs ne s’en seraient guère rendu compte. Pour être honnête, nous avons nous-mêmes été un peu surpris en y regardant de plus près.

On considère From Genesis to Revelation généralement comme une erreur de jeunesse ; beaucoup se moquent des guitares désaccordées, des chœurs aux accents de chorale d’église et des paroles dignes d’un adolescent en pleine puberté. Et les cordes et les cuivres ajoutés plus tard par Jonathan King ont complètement gâché l’album, non seulement pour le groupe lui-même, mais aussi pour de nombreux auditeurs. Cela était en partie dû à la technologie de studio de l’époque. Alors que les Beatles étaient déjà capables d’enregistrer leur album « White » sur une machine 8 pistes aux studios Abbey Road, Regent Sound ne disposait que d’un 4 pistes vieillissant.

De plus, King n’était pas George Martin, qui avait su reconnaître le potentiel du matériel et aurait pu en tirer le meilleur parti. Je pense qu’on entend aussi que la situation en studio n’était pas idéale pour le groupe, car l’ambiance générale de l’album s’est avérée plutôt mélancolique et dépressive. Nous voulions y remettre un peu de gaieté – sans en faire trop, bien sûr, car cela nous aurait semblé irrespectueux.

Le projet de départ n’intéressait pas tellement Anthony Phillips

L’idée de couvrir l’intégralité de l’œuvre, de la Genèse à l’Apocalypse, était celle qui semblait le moins intéresser Anthony Phillips ; en tout cas, il n’était pas très enthousiaste à cette perspective. Finalement, il a accepté de nous apporter son soutien en nous prodiguant conseils et aide. Lorsque, quelques mois plus tard, nous avons rencontré des difficultés avec les accords de piano de « A Place To Call My Own », il s’est donné beaucoup de mal pour nous les expliquer en détail.

Il m’a envoyé plusieurs longs messages vocaux, dans lesquels il chantait même certaines parties. À l’été 2023, j’ai revu Anthony, après lui avoir envoyé nos démos sur CD quelques semaines plus tôt. À ce stade, il manquait encore quatre chansons et la plupart des interludes, mais je pense que c’était suffisant pour lui donner une idée de notre projet. Il y avait consacré beaucoup d’efforts et avait pris des notes sur chacune des chansons.

J’étais un peu inquiet lorsqu’il a évoqué notre version de In Hiding, car je savais que c’était sa chanson : « Alors, vous avez transformé la mesure en 3/4 en 4/4 », a-t-il dit en fronçant les sourcils et en marquant une pause dramatique, « … et ça marche ! », a-t-il ajouté avec un large sourire. Cette fois-ci, il semblait beaucoup plus impressionné, et son « feu vert » général nous a encouragés à poursuivre dans la même direction. En août 2024, je lui ai envoyé un autre CD de démo avec les mixages, qui étaient presque terminés à ce moment-là, car il avait accepté de rédiger les notes de pochette.

Quelle fut l’approche artistique de The Ant Band choisie pour cette relecture ?

Nous avons enregisté toutes les chansons et tous les interludes dans leur tonalité d’origine. Les transitions entre les chansons et les interludes devaient être nettement améliorées. La structure des chansons devaient être préservée autant que possible ; les chansons doivent rester reconnaissables. Le tempo des chansons devait s’inspirer des versions originales et ne pouvait être que légèrement plus rapide, à de rares exceptions près. Nous n’avons pas utilisé de fondu, mais avons imaginé des fins appropriées là où l’original s’estompe.

Nous avons préféré prendre les morceaux tels quels et les développer de l’intérieur, sans les forcer à s’adapter à des arrangements qui leur étaient étrangers. Nous savions que les gars étaient fans des Beatles et de Motown. Par exemple, pour « The Conqueror », il était évident de jouer le riff de piano avec une Rickenbacker à 12 cordes, et l’arrangement s’oriente alors davantage vers les années 60, époque à laquelle cette guitare a été popularisée par les Byrds et les Beatles.

Mais il y a aussi un peu d’Oasis là-dedans, car nous nous sommes souvenus que Noel Gallagher avait un jour fait l’éloge de ce morceau dans une entrevue.  (NDLR : Gallagher a affirmé en entrevue que la pièce If Love is the Law de son album solo Who Build The Moon de 2017 est inspirée de la pièce The Conqueror de From Genesis to Revelation).

D’autres chansons tendent également davantage vers la direction alternative, en partie parce que cela semblait approprié, mais aussi parce que certains d’entre nous ont ce genre de parcours. Bien sûr, à quelques reprises, la comparaison avec les chansons de Genesis plus tardives était évidente, et nous avons bien sûr essayé de transposer quelques idées que les gars ont effectivement eues par la suite. Il y a donc quelques réminiscences du Genesis plus tardif.

Je n’avais jamais compris pourquoi ce n’était pas « In The Beginning » qui ouvrait naturellement l’album, mais plutôt « Where The Sour Turns to Sweet ». Après tout, il ne pouvait y avoir rien avant la création. Je pensais aussi depuis longtemps à me procurer un exemplaire du 45 tours en acétate de « Build Me A Mountain ».

La plupart des morceaux de From Genesis to Revelation comportent des introductions ou des interludes instrumentaux spécifiques qui servent de transitions entre les titres. Cela visait probablement à donner l’impression d’un album conceptuel continu, ce qui était déjà très en vogue en 1968. « Build Me A Mountain » a été publié en tant qu’« outtake » de la session d’enregistrement de l’album sur la première compilation « Archive » de Genesis, mais sans son intro instrumentale, qui reste à ce jour officiellement inédite : le thème du Lac des cygnes de Tchaïkovski dans une version pour piano de Tony Banks. Et tout au début de l’enregistrement sur acétate de cette intro, on peut entendre faiblement la fin du fondu de The Conqueror. C’est une indication indéniable qu’il devait exister une version sur bande-maître dans laquelle les deux morceaux étaient reliés par l’interlude du Lac des cygnes.

Nous avons reçu la confirmation de cette information, mais aussi la liste des titres de la version originale, qui différait considérablement de celle publiée par la suite et m’a vraiment surpris. Au lieu du simple « Silent Sun », qui semble quelque peu déplacé sur l’album, on trouve trois titres qui ont par la suite été victimes du processus d’édition : outre « Build Me A Mountain », il y a « Image Blown Out », également connu grâce à Archive 1967-1975, ainsi que la version originale de « Visions of Angels », qui a été réenregistrée près de deux ans plus tard pour Trespass. Et pour moi, ce fut une révélation : « In The Beginning » était, bien sûr, le morceau d’ouverture de l’album ! Cependant, avec les 15 morceaux, l’album aurait été trop long pour tenir sur les deux faces d’un double LP, il est donc clair que ces bandes maitresses originales ne pouvaient pas être la version finale.

« Visions Of Angels » risque également de surprendre bon nombre de fans, car ce morceau est associé à Trespass.

Malheureusement, la version originale issue des sessions de « From Genesis to Revelation » a été omise de toutes les rééditions consacrées à cette période de l’histoire du groupe. L’une des raisons était certainement qu’Anthony Phillips trouve cet enregistrement épouvantable et qu’il s’y est toujours opposé chaque fois qu’on le lui a demandé. Cependant,il a indiqué que la structure était assez similaire à celle de la version de Trespass et que seuls les longs passages instrumentaux manquaient. Nous nous en sommes inspirés, car cela s’intégrait bien avec les autres chansons. Les paroles s’intègrent également parfaitement au concept de l’album avec ses motifs bibliques. Elles sont même meilleures que certaines des chansons qui ont été retenues pour l’album, comme Am I Very Wrong?, qui parle d’une fête d’anniversaire très banale.

Vous avez maintenant développé « A Place To Call My Own » en un long morceau. Quelle en était la raison ?

Anthony m’a donné quelques informations sur la chanson. C’est ainsi que j’ai appris que l’enregistrement publié de « A Place To Call My Own » ne constituait que la partie finale de la chanson, qui durait à l’origine plus de cinq minutes. Sur la boîte de la bande originale, il y a une note manuscrite sur le morceau qui dit « coupé en deux ». Cependant, comme l’enregistrement de la version téléchargeable de 2017 « 50 Years Ago » comporte un décompte (« un, deux, trois, quatre »), la décision de n’enregistrer que les deux dernières minutes a dû être prise avant les sessions d’enregistrement de l’album ; il ne s’agissait donc pas d’un montage ultérieur.

Nous avons finalement eu l’idée de placer la partie finale, avec le refrain « da-da-da », au début. Bien sûr, il fallait remplir ces trois minutes. nous avons développé une démo instrumentale et ensuite remplacé certains des synthés par de vraies guitares, basses et batteries. L’album a donc désormais une véritable conclusion.

Notes de pochettes d’Anthony Phillips. Voici les points clés abordés dans ses notes et ses contributions au projet :

Réflexions sur l’original : Phillips y exprime ses souvenirs de l’époque de Charterhouse et son mécontentement initial face à la production de 1969, notamment l’ajout d’orchestrations qui masquaient le travail du groupe.

Structure et interludes : Il a agi en tant que consultant pour restaurer la structure conceptuelle prévue à l’origine, incluant neuf interludes instrumentaux (huit sur la version vinyle) qui n’avaient jamais été finalisés à l’époque.

Détails sur les morceaux :

« A Place To Call My Own » : Phillips révèle dans ses notes que la version originale de 1969 n’était que la partie finale d’un morceau beaucoup plus long. Il précise que le style original s’inspirait de compositions comme MacArthur Park (Jimmy Webb) ou Eloise (Paul et Barry Ryan).

Inédits : Les notes documentent l’inclusion de titres qui n’avaient pas été retenus pour l’album de 1969, tels que Build Me a MountainImage Blown Out et Visions of Angels.

Collaboration avec l’archiviste : Phillips a travaillé en étroite collaboration avec son archiviste, Jonathan Dann, pour fournir les informations historiques nécessaires à cette « réimagination » par The Ant Band

Un résultat complètement différent de l’original!

Le CD (d’une durée de 61 min 23 s) reprend la liste des titres initialement prévue pour From Genesis To Revelation, telle qu’elle figurait sur la toute première bande-maître de 1968, comprenant 15 chansons et neuf interludes instrumentaux, dont les trois titres « Build Me a Mountain », « Image Blown Out » et « Visions of Angels » qui n’avaient pas été retenus pour la version finale. De plus, il comprend une version spéciale de six minutes de « A Place to Call My Own ».  Le LP (d’une durée de 44:25) contient les 13 chansons habituelles et huit interludes, dans l’ordre de l’album original. 

Selon The Ant Band, le premier album de Genesis contient des morceaux très sophistiqués qui n’ont pas eu leur chance en raison des mauvaises conditions techniques du studio, du temps d’enregistrement limité, de la production insatisfaisante et de l’esprit de l’époque. Pourquoi ne pas les améliorer et les moderniser grâce aux possibilités d’aujourd’hui ? Et pourquoi ne pas donner à l’album la structure initialement prévue ? Pourquoi ne pas s’en servir pour mettre en valeur le génie encore en sommeil des jeunes membres de Genesis ?

Au final, ces questions ont abouti à l’objectif de créer un hommage sincère à cet album. Le groupe (composé en grande partie des mêmes musiciens qui avaient joué sur le premier album hommage à Anthony Phillips) a finalement commencé l’enregistrement fin août 2022. 

Une pochette qui se base sur le thème de l’originale tout en étant plus attrayante.

La pochette de l’album original était une surface noire avec le titre en lettres gothiques dorées. Il n’y avait ni liste des titres ni informations similaires au dos. Ce n’était pas vraiment propice aux ventes. Tom Morgenstern a donc décidé d’utiliser le lettrage gothique pour un motif tiré du cycle de Tannhäuser de Willy Pogany, un artiste hongrois. Le tueur de dragon est devenu Anthony Phillips avec son casque colonial, et l’épée s’est transformée en baton de cricket. 

La pochette établit ainsi un lien ironique avec les motifs bibliques de l’album, ainsi qu’avec la pochette de l’album Trespass réalisée par Paul Whitehead.  Des notes de pochette, la liste des titres et une introduction d’Anthony Phillips, entre autres, sont désormais disponibles.

Tour d’horizon des pièces de l’album (CD)

In the Beginning (3:29):
C’est avec beaucoup de fébrilité qu’on débute l’écoute de l’album. Est-ce qu’on aura vraiment le vrai visage de ce qu’aurait dû être cet album mal aimé? Dès le départ, un son de batterie entraînante entre rapidement en scène, et une guitare électrique ondulante accompagne la voix de Nina Morgenstern, qui interprète magnifiquement le premier couplet bien connu. Elle est soutenue aux voix par Tom Morgenstern, mais fait preuve d’une incroyable polyvalence vocale. Immédiatement, on a un déclic : c’est du pop rock moderne, frais et merveilleusement groovy. Une excellente ouverture, si typique d’un album de Genesis. Un conseil : Mettez le volume au plancher!

Interlude (0:53):
On entend Jan-Peer Hartman interprétant une magnifique interlude romantique à la guitare acoustique, qui mène à…

Fireside Song (3:29):
Après s’être laissé emporter par cette douce l’interlude, nous sommes brusquement foudroyé par le premier solo de guitare de l’album interprété par Robin Morgenrstern. C’est là qu’on réalise comment la production de l’album original a été gâchée par l’orchestration des cordes et des cuivres.  On distingue clairement cette mélodie entrainante et ça ressemble vraiment à du Genesis.  Et on ne peut que faire le lien avec le Genesis contemporain des années 80 interprété par ces jeunes musiciens talentueux. Cela témoigne de l’intemporalité de cette musique. La finale de clavier est mémorable. Une pièce qui aurait sûrement été un succès radio des années plus tard.  Un moment fort de l’album.

Interlude (0:49):
On entend maintenant une mélodie moyen-orientale qui réapparaîtra bien plus tard sur la pièce Twilight Alehouse (enregistrée en 1972 et sortie en 1973 en face B de I Know What I Like). En se fermant les yeux on se croit à bord d’une caravane traversant les terres désolées et menaçantes du désert.

The Serpent (4:06):
Le tout débute avec une poignante voix féminine a cappella. On y entend un air de guitare familier de la pièce originale qui transite vers  un morceau rock endiablé. L’action est rehaussée par un orgue au son des années 60, tandis que les ceux du mellotron créent une atmosphère prog. Quelle belle lecture bluesy, prog et rock qui se termine dans une ambiance triste et sombre.

Interlude (0:15):
La guitare acoustique de Sascha Krieger nous interprète doucement la mélodie familière de In The Wilderness. 

The Conqueror (3:15):
Des arpèges de guitare résonnent avant l’irruption du groupe interprétant cette chanson intemporelle aux paroles sombres qui évoque l’esprit des Rolling Stones, des Byrds ou des Beatles.

Interlude (0:44) (uniquement sur CD):
Voici une transition à la guitare classique de Gereon Schoplick nous interprétant Le lac des cygnes de Tchaïkovski. 

Build Me A Mountain (4:10) (uniquement sur CD):
Ant Bant a choisi une version moderne à la manière d’Oasis ou de Radiohead, conférant à ce morceau, qui n’a pas été retenu pour l’album de 1969, un caractère rock-pop très actuel. Genesis était-il déjà capable de composer des chansons comme celle-ci à l’époque ? La batterie, la guitare, les voix rugueuses sonnent merveilleusement bien, au-delà du temps. Cette chanson avait tout pour devenir un simple et permettre au groupe original de se démarquer dès le début de leur carrière.

Interlude (0:26):
Et soudain, on revient au passé avec un duo au son baroque de guitare et de cithare en bois. Le tout offre une parfaite transition vers…

One Day (3:32):
… le chant paisible de la soliste nous offrant une douce ballade romantique. On constate avec cette pièce que la relecture permet aux musiciens de saisir intuitivement la beauté d’une composition et la sublimer grâce à une instrumentation appropriée et un jeu fantastique. De toute beauté!

In The Wilderness (3:21):
La pièce débute au piano qui se superpose ensuite avec une couche de guitare se fasse entendre laissant place à une voix laissant la place à un groupe en parfaite symbiose.  On y entend des notes de Minimoog et des touches de piano jazzy ! The Ant Band a transformé l’original, un peu mièvre et sirupeux, en un air concis offrant une mélodie entraînante.

Interlude (0:30):
Les notes courtes et enjouées de la guitare acoustique offrent une belle conclusion au morceau précédent.

Where The Sour Turns To Sweet (3:30) (version LP : 3:13):
Des sons d’orgue sombres résonnent en duo avec la batterie ; on entend de courts extraits de la voix féminine en transition avec un air rock, laissant de l’espace à la voix masculine. Les voix ainsi intercallées sont d’une clarté remarquable, interrompues à plusieurs reprises par des sons de rock lourd dominés par la guitare électrique. Finalement, le morceau se termine dans un mur de son. C’est de l’énergie à l’état pur qui avait été retirée de l’original en raison de la production mielleuse de Jonathan King.

In Hiding (2:50):
Après le rock, place au folk suivi d’un air pastoral offert par l’orgue et la guitare électrique rappelant l’esprit de l’album Trespass. On remarque rapidement que la signature rythmique a été changée de 3/4 à 4/4 par rapport à l’original, passant d’un tempo de valse à une chanson pop/rock. 

Image Blown Out (3:05) (uniquement sur CD):
Voici la deuxième chanson de cette relecture qui n’avait pas été retenue pour l’album original. Une version est apparue sur le coffret Archive 1967-1975.  La version de The Ant Band est interprétée avec légèreté et aisance prouvant que Genesis a toujours su composer de belles chansons pop/rock. On retrouve sur cette version une similitude avec des titres tels que A Trick Of The Tail, That’s All, Happy The Man et autres. 

Avant que vous n’ayez le temps d’enfiler vos chaussures de danse, un interlude musical s’intercale. Au milieu de la chanson, le tempo change et les claviers à la Tony Banks envahissent la pièce. Cet intermède est de courte durée. On entend une guitare électrique et la chanson reprend de plus belle. On y entend le son de  Genesis des années 1980. C’est de la bonne musique pop, raffinée et enjouée.

Interlude 0:32
Voici une autre introduction à la mélodie suivante avec une trame de guitare classique et de Waldzither, un instrument à corde pincée originaire d’Allemagne.

Am I Very Wrong? 2:44
Cet air enchaîne en douceur avec la chanson, soutenue par une envoutante guitare à 12 cordes créant encore une fois une atmosphère pastorale. La voix est déformée, comme si elle provenait d’un répondeur. Yellow Submarine des Beatles vient à l’esprit, en particulier pendant le refrain final avec ses rires et toute une fanfare de cuivres. Le thème des paroles est repris : on célèbre un anniversaire !

Interlude 0:19
La guitare classique, la cithare en bois et la guitare à 12 cordes offrent un interlude bien trop bref pour passer par la fenêtre de …

Window 2:56
Au premier abord, la chanson semble modeste, presque timide. Des claviers modernes, des arpèges de guitare et des sons synthétiques de cordes et de vents lui donnent de l’élan. Le chanteur soliste a beaucoup de paroles à prononcer et s’en sort haut la main. 

Visions Of Angels 5:36 (uniquement sur CD)
Sans plus attendre, nous arrivons à un autre moment fort de cette relecture. On savait déjà que la chanson de Trespass avait été écrite à l’époque de From Genesis To Revelation. Mais qui savait qu’une version avait en fait été enregistrée à l’époque ? C’est en consultant le membre fondateur de Genesis, Anthony Phillips que les membres de The Ant Band ont été en mesure de produire une version un peu plus courte que la version apparaissant sur l’album Trespass. Un piano Rhodes combiné à une guitare acoustique lancent la pièce et offrent le fil conducteur tout au long du reste de la chanson. Le résultat est un air aux voix mélancoliques, dominé par la guitare acoustique, les sons d’orgue et les chœurs angéliques de Nina Morgenstern.

Sans les grandes fioritures instrumentales de la version connue, l’ensemble sonne plus compact, plus accrocheur et moins prétentieux et plus  décontractée. L’ensemble est joyeux, automnal et s’intègre parfaitement à la structure de l’album (y compris au niveau des paroles). Une belle réussite.

Interlude (0:28):
On y entend l’entrevèchement d’un oud, un instrument à corde emblématique de la musique arabe et du piano qui s’entremêlent habilement et nous prépare à la prochaine mélodie.

In Limbo (3:44):
Le tout débute avec des guitares grésillantres soutenues par un rythme entraînant nous offrant un rock puissant et direct. Les changements de tempo surprennent jusqu’à ce que la guitare solo change le rythme offrant des voix plus implorantes, plus désespérées. La musique s’intensifie une nouvelle fois et s’achève brusquement. Cette version laisse ressortir clairement la puissance de la composition originale.

A Place To Call My Own (6:40):
Dans les notes de pochettes de l’album, Anthony Phillips décrit le destin de cette pièce qui n’a pas été offerte selon l’intention originale de l’auteur qui avait composé celle-ci au piano. Elle a été éditée drastiquement par le producteur allant d’une version originale de 6 minutes qui incluait plusieurs sections à une courte finale de l’album original de moins de deux minutes. 

On y entend d’abord des sonorités de guitare évoquant celles du groupe de Mike Rutherford (Mike & The Mechanics) qui mènent à  d’autres sonorités d’orgue et de clavier suivies du mellotron, bien appuyé par une section rythmique endiablée. Après trois minutes, le volume diminue, des sons de flûte nous enveloppent, et on y réentend les airs les plus mémorables de l’album. Une minute plus tard, le son devient plus calme pour nous emmener à la partie familière de la version originale au piano appuyée par les paroles invoquant la quête d’un lieu de refuge. Une version qui n’est peut-être pas à 100% fidèle au démo original mais qui clôture magnifiquement cet album réimaginé offrant enfin la conclusion épique que le groupe aurait souhaitée à l’origine. 


En résumé

Est-ce que cette « réimagination » offerte par The Ant Band permet de redécouvrir le génie précoce des membres de Genesis (Gabriel, Banks, Rutherford, Phillips) sous un jour nouveau ? Absolument!

Pour les fans de Genesis, cette relecture offre un voyage fascinant qui jette un pont entre la naïveté des débuts et la complexité des albums ultérieurs comme Trespass, Nursery Crime et autres. 

Non seulement les arrangements de cordes et de cuivres, qui ont gâché l’esprit des pièces originales, ont été supprimés et les morceaux ont été modernisés grâce à de nouvelles techniques de production, mais la beauté des compositions originales a également été mise en valeur par une technique d’interprétation de très haut niveau. C’est un pur plaisir d’écouter ce jeune groupe et de l’accompagner dans son voyage de découverte à travers l’univers naissant de Genesis.

J’ai réécouté par la suite l’album original, From Genesis To Revelation. On le redécouvre sous un autre jour. D’un album mineur, immature et peu intéressant, on peut constater que si le groupe avait eu droit à un producteur plus à l’écoute de leur instinct créatif, déjà très développé, on aurait eu droit à un ensemble de compositions rock-pop de grande qualité qui auraient pu s’épanouir à l’époque.

From Genesis To Reimagination est, selon moi, une grande réussite. Un trésor retrouvé!

 

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