Spectacles

Guess Who Laval

Spectacle de The Guess Who
Invité spécial Don Felder
Place Bell, Laval, vendredi le 29 mai 2026
Publié le 1er juin 2026

Texte/Photos/Vidéos: Glen Bourgeois

The Guess Who. Tournée Takin’It Back

Un peu plus d’un an s’est passé depuis la dernière visite de Randy Bachman à la Place Bell. La dernière fois, c’était un spectacle Bachman-Turner Overdrive qui voyait Randy côtoyé de son fils Taj et belle-fille Koko, entre autres. Cette fois, il revient avec le premier groupe qui l’a rendu célèbre, The Guess Who. Ou simplement Randy, son ancien confrère Burton Cummings et une équipe de cinq musiciens accompagnateurs. Plusieurs viennent du groupe canadien The Carpet Frogs qui accompagnaient également Burton lors de ses performances solo d’antan.

L’nvité spécial en première partie, Don Felder (ancien membre du célèbre groupe country-rock américain The Eagles) est un choix impressionnant comme première partie d’un groupe canadien. Groupe canadien qui s’est très bien distingué aux États-Unis ainsi qu’au plan international.

En espérant que tous ceux qui désiraient l’entendre ont réussi à gagner leurs sièges assez tôt: les files d’attentes à l’extérieur étaient lentes et longues. (Heureusement j’ai appris d’une file bien plus rapide, à peine arrivé sur site.) 

Don Felder

Soudainement, les lumières de la salle s’éteignent et un volume accablant est propulsé des hauts-parleurs. C’est Don et son groupe qui embarquent sur scène. Semble-t-il adhérer à la croyance que tout sonne mieux quand c’est plus fort? C’est assez fort que je réussis à me boucher les oreilles de façon partielle que je puisse encore entendre toutes les fréquences. (Méchant bon truc.) Je passe la majorité de la performance de Don et ses musiciens avec les doigts dans les oreilles, tout en l’appréciant.

Don a toujours sa touche classique à la guitare. Toutefois, sa voix a changé du baryton présent aux pièces telles Visions et King of Hollywood aux albums des Eagles. C’est assez rare qu’un chanteur voit monter son régistre vocal en vieillissant. Il sonne presque comme… Don Henley? Toutefois, sa technique vocale est assez limitée, il ne fausse pas, mais aucune nuance une fois la note obtenue. Toutefois, ses accompagnateurs sonnent parfaits et reproduisent les choeurs classiques aux succès des Eagles, Already Gone et One of These Nights, les deux premières chansons de la soirée.

Arrive la guitare acoustique pour Seven Bridges Road et Don se rappelle de sa jeunesse dans une famille pauvre au sud des États-Unis. Avec des souvenirs de toits en fer blanc, de millions d’étoiles au firmament et de la lune qui reflétait sur le lac. Les écrans vidéos reproduisent plusieurs de ces souvenirs pendant la chanson. (Évidemment, Don devait résider aux banlieues rurales de son lieu de naissance à Gainesville en Floride et non au centre-ville.)

Seven Bridges Road

Suit ensuite l’annonce de son tout récent album The Vault: 50 Years of Music (avec la pochette recto de l’album qui apparaît en plein écran) pour ce qu’il annonce comme son nouvel extrait. L’image vidéo est synchronisée à chaque syllabe de la pièce I Like the Things You Do. On crinque le volume encore plus fort, uniquement pour cette pièce. C’est clair, on veut attirer l’attention du public… un public qui est grosso modo déjà présent. Même si plusieurs sièges auprès de moi sont vides, les détenteurs de billets se faufilent à leurs sièges tout au long du set à Don.

La pièce terminée, il révèle que la jeune demoiselle qui apparaît à la vidéo est sa blonde, avant d’enchaîner avec une autre pièce de sa carrière solo, heavy metal (Takin’a Ride) de la trame sonore du film Heavy Metal. Avec images de ce film animé en arrière-plan.

Les prochains choix musicaux de Don portent à confusion. Il se passe de toutes les autres pièces des Eagles auxquelles il a contribué la musique. Et choisit deux qu’il n’a pas co-écrites: Heartache Tonight et Life in the Fast Lane. Quand même, on s’attend à son plus grand succès comme co-écrivain. Il s’en sert afin de terminer sa performance: le fameux Hotel California qui reçoit une ovation chaleureuse à sa fin. Don n’a même pas le temps de parler qu’apparait de nouveau la pochette de son album The Vault à l’écran et l’enregistrement de son extrait de nouveau plus fort que le reste.

Hotel California

Évidemment, Don veut vendre bien de copies de son nouvel album. D’ailleurs, un excellent set de Don et ses musiciens (le bassiste Derek Frank, le batteur Seth Rausch et le guitariste canadien Cory Churko). Les voix de Cory et Derek étaient parfaites… peut-être trop parfaites, que me disent d’autres spectateurs que je croise en fin de soirée.

The Guess Who

Semble qu’une demi-heure s’écoule avant qu’arrive The Guess Who sur scène. Une fois embarqués, par contre, ils restent pour une belle heure et demi (sans compter la tradition de quitter la scène avant les rappels).

Tous paraissent de bonne humeur, malgré les balbutiements via internet qui insistent qu’ils ne se sont réunis que pour l’argent. Heureusement que le volume est maintenant raisonnable, au lieu de résonner. C’est Burton Cummings qui offre la forte majorité des discours entre les pièces, mais Randy Bachman a quand même son tour de chanter. Et parfois même de parler. Comme on peut le prévoir, arrivent trois succès de Bachman-Turner Overdrive au cours de la soirée. Let It RideYou Ain’t Seen Nothing Yet. Et en toute fin de soirée, Takin’Care of Business.

Burton dit que ça fait trop longtemps depuis qu’ils sont venus à Montréal. Randy sourit, sans doute sachant qu’on se rappelle du passage de BTO au mois de mai dernier. Burton annonce qu’ls devraient revenir bien plus souvent. Randy sourit encore.

Burton offre un verset du classique These Eyes en français (ou à peu près). Il ajoute aussi une brève performance de la chanson Milord d’Édith Piaf par lui-même suite à un autre classique du groupe, Undun. C’est évident qu’il s’attend à séduire la foule québécoise. J’ai l’impression qu’il a bien réussi.

These Eyes

Le choix de sélection est variée et offre quelque chose à tous. Certaines pièces incontournables doivent être jouées: Laughing, American Woman, No Time (que Burton présente en criant, « Vous voulez entendre un vrai classique rock du Guess Who? Allons-y!). No Sugar Tonight/New Mother Nature (dont Burton ne peut se passer de faire un clin-d’oeil à l’ancienne annonce pub de la gomme à mâcher Doublemint: « C’est deux, deux, deux pièces dans une!).

On descend la tonalité de plusieurs pièces afin d’accommoder la voix de Burton, qui demeure expressive malgré une certaine qualité nasillarde qui s’infiltre à certaines notes. (Une infection nasale, peut-être? Sa voix semble s’améliorer tout au long de la soirée, semblable à certaines soirées précédentes de la tournée.)

Undun

D’autres choix sont surprenants. Débuter la performance avec deux pièces assez obscures de l’album American Woman (1970)? Personne ne se plaint de l’instrumentale 969 (The Oldest Man) ou Proper Stranger, qui sonnent assez bien réussies. Peut-être s’agit-il d’un temps de réchauffement à faible risque pour Burton, dont quelques notes semblent trembler pendant son tour à la flûte traversière pendant la première des deux pièces. Et j’étais surtout heureux d’entendre dire qu’il y avait ma pièce fétiche du groupe, A Wednesday in Your Garden, de l’album Wheatfield Soul lancé en 1969.

D’autres succès du groupe sont peut-être moins attendus mais quand même bien appréciés. Burton présente Hand Me Down World en disant, « J’ai justement entendu cette pièce à la radio, il y a quelques jours! » On y entend également Albert Flasher et Clap for the Wolfman, toutes deux accompagnées d’anecdotes.

À des moments clés en soirée, on voit le visage du guitariste regretté Kurt Winter à l’écran vidéo. Celui qui avait pris la place à Randy autant à la composition qu’à la guitare suite à son départ du groupe. Randy ne semble aucunement offusqué et parait avoir un plaisir à reproduire les solos de Kurt assez près des versions originales.

Randy partage quand même les solos avec deux autres superbes guitaristes, soit Tim Bovaconti et Joe Augello. Burton prend le temps de se vanter des accompagnateurs. Y compris également le percussioniste Nick Sinopoli, le batteur Sean Fitzsimons et le bassiste Jeff Jones, ancien des groupes canadiens Red Rider et Ocean (dont Burton souligne le tube de ce dernier groupe en fredonnant le refrain de Put Your Hand in the Hand sans accompagnement).

Burton indique sa présence aux réseaux sociaux et partage que grand nombre de fans avaient demandé si la pièce Guns, Guns, Guns ferait partie du répertoire. Il prétend ne pas savoir pourquoi avant que le groupe s’y lance en avant de l’image d’un grand drapeau canadien avec une tête de castor centrée à la feuille d’érable.

Burton réussit même à glisser un des classiques de sa carrière solo, My Own Way to Rock. Avec solo de piano et chacun des guitaristes ayant également un tour.

Le rappel

L’incontournable Share the Land apparaît comme premier rappel, avec des solos en duo et trio entre guitaristes. Burton offre comme préface un avertissement: « N’oubliez jamais que vous êtes bénis de vivre dans un tel endroit… Bonne santé à tous et chacun! »

Parlons de santé (surtout l’ouïe), c’est justement avant les rappels que s’augmente le volume (presque aussi fort que Don Felder) pour une version bien rallongée de American Woman. Lorsqu’on considère que la grande majorité de la prestation des Guess Who était à un volume bien tolérable, une légère augmentation en fin de soirée est acceptable. Grosso modo, il s’agissait d’un son assez réussi, malgré des chœurs qui semblaient parfois absents du mix et la grosse caisse de Fitzsimons qui semblait résonner un peu trop ouvertement. (J’en suis certain, par contre, que peu de gens se sont aperçus.)

J’ai quitté la Place Bell avec le sourire au visage et la pièce Hand Me Down World qui jouait en boucle dans ma tête. Bon, Burton, on attend que tu tiennes bien à ta suggestion de bientôt revenir à Montréal. Et n’oublie pas d’amener Randy avec toi.

 

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BANNIÈRE: MURIEL MASSÉ
WEBMESTRE: MARCO GIGUÈRE
RÉDAC’CHEF: MURIEL MASSÉ
ÉDITEUR: GÉO GIGUÈRE

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